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LES RETROSPECTIVES MISSIONNAIRES
DE SON EMINENCE S. KIMBANGU K.
Par LUZITISA DIAMBU Narcisse
Presse Kimbanguiste Paroisse de Saint-Ouen




Depuis la fondation de l’Eglise kimbanguiste en 1921, elle a été dirigée pendant la période de clandestinité par maman Marie Muilu Kiawanga, épouse de Simon Kimbangu de 1921 jusqu’au 27 avril 1959 soit 38 ans.  Le 20 mai 1959, Joseph Diangienda, fils cadet de Simon Kimbangu décide de démissionner de l’administration coloniale belge  pour se consacrer au mouvement kimbanguiste et à son avenir. Très vite le résultat du travail réalisé par lui et les membres dévoués du mouvement se soldait par la reconnaissance officielle de l’Eglise le 24 décembre 1959. Une nouvelle page de l’histoire s’ouvre.

Joseph Diangienda occupera les fonctions du chef spirituel et représentant légal de l’Eglise, pendant 33 ans [1959-1992], durant son ministère, il était assisté de ses deux frères, Charles Kisolokele et Salomon Dialungana, qui ont exercé respectivement les fonctions des chefs spirituels, premier et deuxième adjoint.

Ensuite après le décès du chef spirituel, premier adjoint, le 17 mars 1992, suivi de celui du chef spirituel en titre, le 8 juillet 1992 ; alors l’Eglise était dirigée près d’une décennie par Son Eminence Salomon Dialungana Kiangani [1992-2001]. Bien avant sa mort, ce dernier commençait à donner le signe de celui qui dirigerait l’institution.
Le premier élément  était la publication au Centre d’accueil kimbanguiste de Kinshasa des statuts de l’Eglise lors d’un culte d’action de grâce commémorant ses 81 ans de sa vie. Ce jour-là, les statuts étaient lus intégralement en public. Un article attirait déjà l’attention de ceux qui visaient le trône de l’Eglise et une infime minorité des fidèles commençait à galvaniser les affinités d’une manière ou d’une autre. La publication des statuts de l’Eglise du 9 octobre 1997 règle la succession partiellement au sein de l’Eglise, mais ne désignait pas la personne qui assurera  ces hautes fonctions. Toutefois l’article 19 martelait : «  Le chef spirituel est désigné par révélation divine, entendu au sein de la descendance consanguine directe de l’envoyé spécial Simon Kimbangu. L’assemblée mondiale ou le collège internationale en prend acte ». Etant donné que le chef spirituel est souverain et dispose d’un pouvoir discrétionnaire et vu son grand âge, il s’était choisi son deuxième fils, Simon Kimbangu Kiangani, comme son assesseur.

Un autre signe vient encore d’être dévoilé sans être  véritablement confirmé. L’œuvre de Jésus-Christ, confié à Simon Kimbangu, puis dirigé par Son Eminence Joseph Diangienda, repris par  Son Eminence Salomon Dialungana, lorsque celui-ci ne peut accomplir une mission relevant  de ses fonctions. Il la confie  à son assesseur, c’était une manière discrète de lui présenter au grand public aussi bien des kimbanguistes que des sympathisants.

Estimant avoir accompli avec succès sa mission décennale, le 16 août 2001, Son Eminence Salomon Dialungana met fin  à son ministère à Kiemba. Lieu où ce dernier a rendu son âme.

Le nouveau chef spirituel, Simon Kimbangu Kiangani, succède du reste à son père en qualité du chef spirituel et représentant légal de l’Eglise. Son choix  a été salué par tous les vrais kimbanguistes qui l’ont témoigné  sa confiance  inconditionnelle. Le troisième chef spirituel et représentant légal de l’Eglise est né le 12 octobre 1951 à N’kamba, or en cette même date  décédait son grand père, Simon 
Kimbangu, à l’Elisabethville, après avoir purgé 30 ans et un mois de prison ferme du 12/09/1921 au 12/10/1951. Il est marié avec maman Sidonie Nyadi.

En tant qu’assesseur de son père, voici quelques missions réalisées  pour le compte de l’Eglise :

 -L’inauguration du temple de centenaire de Lubumbashi en 1999 ;

 -L’exhumation des reliques de maman Kinzembo à Boma et sa translation dans l’enceinte du mausolée à N’kamba en 1999.

Mais qui est réellement maman Kinzembo ?
Kinzembo est  née en 1859 à N’kamba. C’est elle qui s’occupa de Simon Kimbangu lors du décès de sa mère, Luezi et l’inscrira à l’école. En 1921 alors âgée de 62 ans, elle était reléguée à Boma puisque d’après le gouvernement colonial : «  C’est elle qui lui [Simon Kimbangu] inculqua dès son enfance les idées et les principes qui devaient le conduire plus tard à troubler la tranquillité publique[1]. Elle y succombera 8 ans après, le 2 juillet 1929. A cette date, les kimbanguistes commémorent un culte d’actions de grâces en sa  mémoire.

Dès son intronisation  intervenue le 6 février 2002 au Centre d’Accueil de Kasa Vubu à Kinshasa. Le chef spirituel s’est directement mis au travail et voici quelques missions accomplies :

 -La  convocation d’une assemblée générale extraordinaire par sa lettre n°473/EJCSK /CS/12/2002 du 21 octobre 2002, visant le rétablissement de l’ordre au sein de l’Eglise. Cette assemblée s’est déroulé du 7  au 21 octobre 2002 et a connu la participation  des ecclésiastiques venus de l’intérieur du pays comme de l’extérieur. A travers un rapport final qui en découle visant entièrement l’intérêt de l’Eglise, Son Eminence Simon Kimbangu Kiangani affirme sa vision conservatrice de tous les documents doctrinaux légués par ses prédécesseurs et les résolutions précisent aussi que le chef spirituel et représentant légal de l’Eglise ne connaît aucun adjoint, etc.

-La poursuite de la construction de 326 appartements de la cité de Nkendolo, appartements réservés à l’accueil des visiteurs à Nkamba. Chantier ouvert le 16 janvier 2001 par son prédécesseur, sans toutefois oublier le projet de  la construction du barrage de Mpioka. Barrage devant fournir l’énergie électrique à N’kamba et ses environs ;

-La  répartition de  différentes dates   événementielles caractérisant la vie de l’Eglise entre les mouvements, associations, groupes et services en 2001 ;

-La réhabilitation de différents sites historiques de l’Eglise tant ceux des environs de N’kamba, y compris ceux de Mbanza Nsanda que ceux de Lutendele dans la banlieue est de Kinshasa en 2003 ;

-La concrétisation du projet de lancement de la Radio et Télévision kimbanguiste (RATELKI)  à Kinshasa en 2004 ;

-La publication des nouveaux statuts de l’Eglise en 2005 ;

-La construction des installations sanitaires publiques à N’kamba en 2005 ;

-La construction des installations des points d’adductions d’eau potables à  N’kamba en 2005 ;

-Les nominations de pasteurs nationaux délégués en Europe en 2005, puisque bien avant son intronisation certains  pasteurs kimbanguistes nationaux en Europe se sont montrés défaillants dans leurs attributions, ce qui a  occasionné un grand désordre au sein de l’Eglise  dans ce vieux continent, D’où pour pallier à cette défaillance, le chef spirituel s’était permis de nommer des pasteurs nationaux délégués ainsi que leurs secrétaires exécutifs. Ces derniers  servent dorénavant de courroies de transmissions auprès du chef spirituel ;

-La tenue de la Conférence internationale sur Papa Simon Kimbangu du 12 au 15 février 2006 au Centre d’accueil de Kasa Vubu à  Kinshasa, conférence qui a programmé solennellement que Papa Simon Kimbangu est véritablement le paraclet promis par Jésus-Christ dont le livre contenant les discours prononcés par les conférenciers vient d’être publié à Paris par l’Edition kimbanguiste ;

-La construction et l’achèvement  de son bureau à N’kamba en 2007 ;

-La publication des règlements d’ordre intérieur de l’Eglise en 2007 ;

-Le démarrage des travaux de la construction de la  grande tribune à N’kamba en 2007.

Ainsi les appels incessants du chef spirituel et représentant légal pour bâtir N’kamba ne peuvent en aucun cas être considérés comme fastidieux pour les fidèles connaissant la place et le rôle de N’kamba. Puisque il écrit : « Sur tes murs, Jérusalem, j’ai placé de gardes ; Ils ne se tairont ni jour ni nuit. Vous qui la rappelez au souvenir de l’Eternel,
Point de repos pour vous ! Et ne lui laissez aucun relâche jusqu’à ce qu’il rétablisse Jérusalem, Et la rende glorieuse sur la terre [2]».

Il est vrai que son action ne se cantonne pas seulement à la construction de N’kamba même s’il constitue une des  ses préoccupations majeures car les Kimbanguistes ont un retard de 10 ans pour la construction de cette cité de Dieu, souligne t-il. Cependant l’affermissement de la foi de  ses fidèles est aussi un point si important de son ministère. Voici   un de ses messages chantés par le groupe de guitariste kimbanguiste :

« Mono Simoni Kimbangu : Moi, Simon Kimbangu
Buya yiza : Quand je suis venu
Yabaka nkumbu Simoni Kimbangu : J’ai porté le
nom de Simon Kimbangu
Buyayizidi diaka, mungiza ya nzole : Quand je suis revenu encore pour la deuxième fois
Nkumbu ame Diangienda Kuntima  Yofesi : Mon nom est Diangienda  Kuntima Joseph
Yavutukidi diaka mungiza ya ntatu : Je revins  de nouveau pour la troisième fois
Nvutudi nkumbiame : Je reprends mon nom
Simoni Kimbangu Kiangani : Simon Kimbangu Kiangani
Bantu bayamuesesua mpasi : Le peuple pour lequel j’ai souffert
Kabakunzeye ko o o : Ne m’honore pas,
Kabeti kunguila ko : Ne m’écoute pas
Tata mfumu a mbanza : Papa le chef de la cité [Salomon Dialungana]
Buwakala kuenda : Quand  vous vous éteigniez
Ya kutela vo : Je vous avais dit
Tata nata ndoki zaku : Papa amène avec toi « tes sorciers »
Kisala kuame ye bandoki ko : Je ne travaillerais pas avec de sorciers
Kadi ntangu yingi bakuamisi nkangu'ame  : car longtemps ils ont tourmenté mon peuple

Refrain

Buya yantikidi salu kiame : Quand j’ai commencé mon oeuvre
Yalutelele : Je vous avais dit
Nzolele vutula dibundu, munzila buya kala : Je veux  ramener l’Eglise dans le droit chemin, comme l'a été.
Yaluyuvudi diaka : Je vous avais aussi demandé :
Luzolele mona meso : vouliez-vous être « clairvoyants »?
Lua vutudi vo : Vous aviez répondu,
Yingeta tata : Bien sûr que oui, papa
Tuzolele mona meso : Nous voulons être «  clairvoyants »
Buabu ya lusongele : Maintenant, je vous ai exposé
Makuntela ba tata bame e : Ce que mes parents m’ont recommandé
Beno babonsono lumeni muangana : Vous vous êtes tous éparpillés
Lumuangane : Vous vous êtes vraiment dispersés!
Yalu telele : Je vous ai dit
Luvutukeno bana bame : Revenez mes enfants
Luvutukeno : Revenez
Luvutuka : Renaissez
Siya lutambula mumoko maziwuka : Je vous accueillerai à bras ouvert 
Lukala mpangi zame beno bawonsono : Soyez mes frères, vous tous.

Bref, même si certains néokimbanguistes se mettent à saper l’action du chef spirituel d’une manière ou d’une autre pour préserver les intérêts de leurs clans.  Ces derniers ne doivent pas oublier que celui qui vient de se révéler à travers le cantique ci haut est un homme invincible.


Paris, le 24 fév. 2008

[1]P. RAYMACKERS et H. DESROCHE, l’administration et le sacré. Discours religieux et parcours politique en Afrique centrale (1921-1957)
[2] Esaïe 62 :6-7




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