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RAYONNEMENT DE L'ERE KIMBANGUISTE
Par
LUZITISA DIAMBU Narcisse
Presse Kimbanguiste, Paroisse de Saint-Ouen
Tout
à commencer
le 06 avril 1921 lorsque la première cloche du culte matinal
retentit à
N’kamba, cette cloche a été
sonnée par maman Muilu Kiawanga Marie,
l’épouse de
Simon Kimbangu. Ce n’est qu’après ce
culte que Simon Kimbangu et son fils
Charles Kisolokele ont pris le chemin du marché de
Nsona Kiyenzi où ils allaient vendre une
récolte
de tabac. Alors en arrivant à Ngombe Kinsuka, le Christ est
apparu à Simon
Kimbangu pour lui demander de guérir maman Nkiantondo,
qui était sérieusement
agonisante. Il la guérit au nom de Jésus -Christ.
A
N’kamba,
Simon Kimbangu a effectué son ministère
public que durant deux mois, du 06 avril au 06 juin 1921, le jour
où l’autorité
coloniale belge avait tenté son arrestation suite aux
multiples
accusations dont il a été objet de la
part des missionnaires blancs mais aussi des investisseurs de cette
époque
coloniale. L’échec de cette tentative
d’arrestation a amené Simon Kimbangu
a continué son ministère
clandestinement à Mbanza Nsanda, pendant
trois mois et 5
jours, c’est à dire du 06 juin au 12 septembre
1921, date de son arrestation à
N’kamba.
Ainsi
cette localité est devenue un épicentre
d’évangélisation, de
guérison, de pèlerinage et louange de Dieu. Mais
quelle a
été la mission concrète
de Simon Kimbangu sur la terre ? La
réponse est donnée a travers un
cantique du groupe théâtral
kimbanguiste :
Soprano
« Kimbangu
na poni yo :
Kimbangu, Je porte
mon choix sur toi
Po
obatela bapate na ngai : Pour que tu gardes
mon troupeau
Okomisa
bango kino mboka ya
elaka : Afin
de le conduire dans la terre promise
Okosala
makamuisi mingi :
Tu
réaliseras toutes sortes de miracles
Nakombo ya
masiya : Au
nom de Jésus
Koleka kutu
oyo yemoko asalaka :
Dépassant
même ceux de Jésus
Okotongisa
lingoma ya suka
omokili : Tu
construiras la dernière Eglise sur la terre
Mabota manso
makoya koluka
epayi na yo : Tous
les peuples
viendront vers toi
Bato banso
nakopesana yo se
baponomi : Les
personnes que je
te confierai seront des élues
Po basala
elongo nayo o
Kimbangu : pour
qu’elles travaillent avec toi, Kimbangu.
Refrain
Batelabango : Protège-les
Teya bango
pobasepela :
Enseigne-les
pour qu’ils aient le bonheur
Salisa
bango : aide-les
Longola
bango ominiokoli
ya satana : Et
tu les délivreras
de la servitude satanique
Komisa bango
kino mboka ya
elaka : Tu
les conduiras dans la terre promise
Ce
à quoi, Simon Kimbangu
réplique :
Nkolo na
ngai : Mon
maître
Nakoki
te : je
suis incompétent
Luka
mosusu : Cherche-toi
un autre serviteur
Po ete ngai
moyindo : Puisque
moi, je suis Noir
Mayele
mazangi : Je
ne
suis pas intelligent
Batu ya
mayele bakoya: Les
intellectuels viendront
Nakolaba
nini ? : Que
vais-je leur dire ?
Ngolo na
ngai : Mon
maître
Nasengi
otika ngai : Je
te
conjure de me laisser en paix ».
De nos
jours, l’Eglise de Jésus-Christ sur la terre
dont Simon Kimbangu avait reçu la mission de bâtir
est déjà fondée et poursuit
officiellement
sa mission depuis 1959. Elle est en train de s’implanter
progressivement et
sûrement dans les cinq continents ([1]). Simon Kimbangu
était homme prodigieux et avait une liaison
spirituelle très poussée, puisqu’il
pouvait non seulement voir le Christ comme le témoigne
Joseph Diangienda :
« Il s’avère que Dieu avait
donné à Simon Kimbangu non seulement le
pouvoir de voir le Christ, mais surtout
le pouvoir de converser avec lui en esprit et recevoir de ses
obligations de
catéchiste ([2])», mais
également de parler avec Dieu, comme
l’indique Léon Morel dans son rapport
d’enquête du 11 mai 1921 à
N’kamba : « Je dis alors
à Kimbangu: calmez-vous; venez me voir
seul à seul et expliquez-moi d'une manière
raisonnable le but de vos façons
d'agir. Je ne vous ferai aucun mal. Kimbangu me répond qu'il
viendra mais qu'il
doit au préalable causer avec Dieu ».
Alors
bibliquement Simon Kimbangu accomplit
la promesse faîte par Jésus-Christ dans
l’évangile de
Jean : « Si vous
m’aimez, gardez mes commandements. Et moi, je
prierai le père, et il vous donnera un autre consolateur
afin qu’il demeure
éternellement avec vous, l’Esprit de
vérité, que le monde ne peut recevoir,
parce qu’il ne le voit point et ne le connaît
point, mais vous le connaissez,
car il demeure avec vous et il sera en vous ([3])».
Un
autre cantique du groupe
théâtral kimbanguiste vient de
nouveau confirmer cette promesse en ces mots :
Soprano
« Mokili
oyo ya Yawe : Ce
monde appartient à Dieu
Tambola
malembe :
marche
prudemment
Ténor :
Keba : Fait
attention
Soprano
Mokili oyo
ya Yawe : Ce monde
appartient à Dieu
Moto akosa
yo te :
Que personne ne te berne
Ténor :
Keba : Fait
attention
Soprano
Mokili oyo
ya Yawe : Ce monde
appartient à Dieu
Tambola
malembe :
marche
prudemment
Soki te
mabele ekolela
yo : Sinon
la terre va t'engloutir
Bapetui
tosangana : Les
saints réunissons-nous
Toyembelaka
ye :
Pour le
glorifier
Bapetui
tosangana : Les
saints réunissons-nous
Tokumisa
molimo
mosantu : Pour
louer le Saint-Esprit
Likolo yaye
mabele yaye ye meyi : Le ciel et la terre lui
appartiennent, lui seul
Ténor :
Nani nvuama ? : Qui est
riche ?
Soprano
Kimbangu
nvuama :
Kimbangu
est riche
Ténor :
Nani alobi ? : Qui est ce qui
a dit cela?
Soprano
Kimbangu
yende
alobi : Kimbangu,
c’est lui même qui l'a dit
Ete mokili
oyo ezali
yaye meyi : Que
ce monde lui appartient
Akotambuisaka
yango
bobele na solo : Et
il le dirige en vérité
Ténor :
Bolinga bolinga te o :
Que
vous le vouliez ou pas
Soprano
Ezali kaka
yaye : ce
monde lui appartient
Bato ya
bomoyi pe
baweyi : Les
vivants comme les morts
Bakondimela
kaka
ye : croient en
lui
Ténor :
Aleluya : Alléluia
Soprano
O
o mokili na ye : Ce
monde est à lui
( :)
Bandimi ya
nkolo yesu : Les
fidèles du Christ
Boyaka
tobeta
mindule : venons, jubilons
( :)
Po ete mokili
oyo : Puisque
ce monde,
Tata
Kimbangu akomesa biso : Papa Kimbangu va nous le
confier ».
Si le Christ
exhortait
ses apôtres en ces
mots : « Moi et mon
père nous sommes un ».
Or pour l’Eglise kimbanguiste, Simon Kimbangu est
véritablement la troisième
personne de la Sainte Trinité. Donc, Dieu le
Père, Dieu le Fils et Dieu le
Saint-Esprit sont aussi un. Ceci étant, il existe entre ces
personnes une relation
« d’équivalence
divine » dans laquelle chaque composante de Dieu
unitaire est en relation
avec lui-même. Ce qui justifie la
réflexivité. En outre, si le
père est en
moi et moi, je suis dans le Père disait
Jésus-Christ. Cette relation est
symétrique. Or le Saint-Esprit est la troisième
personne en Dieu. Si le Père
est en relation avec le Fils, le Fils est en relation avec le
Saint-Esprit.
Evidemment le Saint-Esprit est aussi en
relation avec le Père. Tout comme, invoquer
simultanément la Trinité de Dieu
dans une prière est également parfaite.
De même, invoquer l’un de composant est
également parfait en vertu de la
transitivité relationnelle qui les lient.
Aujourd’hui,
le culte
kimbanguiste est minutieusement organisé. Mais
d’emblée, parlons d’avant tout
de la cloche de l’Eglise kimbanguiste qui transmet un
message, d’abord la
première annonce que le culte va
bientôt commencer.
La seconde dès qu’elle
s’achève, immédiatement le
programme de culte est
entamé. Mais quel message
transmet-elle ? Le message, c’est un appel que
l’on adresse au fondateur
de l’Eglise en l’invitant de venir assister au
culte. En fait, il y a cinq sons
qui retentissent en ces termes :
SI-MON,
KI-MBA-NGU.
SI-MON,
KI-MBA-NGU.
SI-MON,
KI-MBA-NGU.
Ainsi de
suite. Voilà le
sens de la cloche inaugurale du culte dominical scindé en
deux parties
distinctes :
La partie
liturgique est dirigée par un membre du
corps ecclésiastique et parfois par un laïc
nommé. Le culte débute par un chant
que tous les fidèles chantent ensemble. Ensuite une
prière d’ouverture est dite
pour une maman. Pendant la prière, tous les
fidèles se mettent à genoux, à
l’exception de protocoles, des surveillants et des scouts
kimbanguistes qui se
tiennent débout et veillent à la
sécurité des biens. A la fin de la
prière, les
fidèles se rassoient.
Le
prédicateur lit un psaume de David de son
choix. Après cette lecture, les chorales et divers groupes
entreprennent le
premier tour de chant. A la fin de celui-ci, le prédicateur
reprend la lecture
de dix commandements de Dieu ([4]) :
« Alors
Dieu prononçant toutes ces paroles en
disant : Je suis l’Eternel ton Dieu qui te fais
sortir du pays d’Egypte,
de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres
dieux devant ma face. Tu ne
te feras point d’image taillée, ni de
représentation quelconque des choses qui
sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont
dans les
eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles,
et tu ne
les serviras point; car moi, l’Eternel ton Dieu, je suis un
Dieu jaloux, qui
punis l’iniquité des pères sur les
enfants jusqu’à la troisième et la
quatrième
génération de ceux qui me haïssent, et
qui fais miséricorde jusqu’à mille
générations à ceux qui
m’aiment et qui gardent mes commandements.
Tu
ne prendras point le nom de l’Eternel, ton
Dieu, en vain; car l’Eternel ne
laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain.
Souviens-toi
du jour du repos, pour le sanctifier.
Tu travailleras six jours, et tu feras
tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos
de l’Eternel, ton
Dieu: Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni
ton
serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni
l’étranger qui est dans tes
portes. Car en six jours l’Eternel a fait les cieux, la terre
et la mer, et
tout ce qui est contenu, et il s’est reposé le
septième jour: c’est pourquoi
l’Eternel a béni le jour du repos et
l’a sanctifié.
Honore
ton père et ta mère, afin que tes jours se
prolongent dans le pays que
l’Eternel, ton Dieu, te donne. Tu ne tueras point.
Tu
ne commettras point d’adultère.
Tu
ne déroberas point.
Tu
ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain.
Tu
ne convoiteras point la maison de ton prochain; tu ne convoiteras point
la
femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son
bœuf, ni son
âne, ni aucune chose qui appartienne à ton
prochain ».
Immédiatement,
les chorales et divers groupes entament le deuxième tour de
chants. Dès que ce
programme de chant finit, intervient directement la prière
d’intercession dite
prière de trois personnes. Puis on passe à la
bénédiction des nourrissons.
Séance présidée habituellement par un
pasteur. La bénédiction terminée,
c’est
le moment de recueillir des offrandes par des diacres et diaconesses.
Cette
séance est supervisée par un pasteur qui
bénit les offrandes par une prière.
Le
prédicateur du jour reprend de nouveau la lecture
du passage biblique sur lequel se focalisera son sermon. Le texte de
méditation
est tiré de nouveau ou de l’ancien testament.
Toutefois, le prédicateur peut
associer le cas échant une chorale à son
homélie par des cantiques, en évoquant
l’histoire des saints kimbanguistes. Enfin cette partie
liturgique s’achève par
la prière de Jésus intitulé notre
père qui es aux cieux tiré de
l’évangile de
Mathieu :
« Notre
père qui es aux cieux ! Que
ton nom soit sanctifié ; que ton règne
vienne ; que ta volonté soit
faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui
notre pain quotidien.
Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons
à ceux qui nous
ont offensés ; ne nous induis pas en tentation,
mais délivres-nous du
malin. Car c’est à toi qu’appartiennent
dans tous les siècles, le règne, la
puissance et la gloire. Amen ([5])».
Complété
par un chant d’ensemble, choisi par un dirigeant,
correspondant au thème du
sermon.
La
seconde partie du culte dite sociale est dirigée
par le secrétaire de la paroisse. Elle est
réservée aux nouvelles et
communiqués axés sur la vie de l’Eglise
portant sur les naissances, avis de
décès, des mariages, réunions,
baptêmes, etc. Les communiqués sont illico
suivis par l’accueil des hôtes, les salutations se
déroulent sous les aires de
la fanfare ou de flûtistes'.
En
revanche, lors des honneurs du chef spirituel, les surveillants, les
scouts
voire les secouristes défilent pour témoigner
leur attachement à la fois
inconditionnel et indéfectible. Quelques fois
d’autres groupes participent à ce
défilé. Dans la masse des kimbanguistes est un
véritable moment de réjouissance
dédié à la gloire de Dieu. Les adeptes
agitent des mouchoirs au rythme de la
musique. Les honneurs se terminent par son message
d’exhortation.
Aussitôt,
le message finit, on peut entamer la tranche de collecte,
appelée Nsinsani. La
prière finale du culte est dite par le chef spirituel ou par
le pasteur
responsable de la paroisse. Compte tenu du sectionnement du programme
de culte,
comme à l’accoutumée, il occupe des
journées entières habituellement de 9h
à18h.
Quoiqu’il
en soit, l’Eglise kimbanguiste célèbre
en ce
jour du 06 avril le double événement
(le premier culte et le premier miracle public) marquant le
début du ministère
de Simon Kimbangu à N’kamba et tient à
saluer tous les efforts conjugués par tous les
chefs spirituels qui se sont
succédés à la tête
de cette Eglise
messianique, qui est l’espoir du monde et Eglise universelle.
[1].
En Afrique, on peut trouver l’Eglise dans les pays
suivants : République
démocratique du Congo, Congo Brazza ville, Angola,
République centrafricaine,
Burundi, Zambie, Afrique du Sud, Gabon, Côte
d’Ivoire, Madagascar, Nigeria, etc.,
En Europe : France, Belgique, Portugal, Espagne,
Suisse, Hollande, Allemagne, Royaume Unis, Suède,
etc. ;
En Asie : Chine, etc.
En Amérique : Brésil, USA, etc.
[2].
J .DIANGIENDA KUNTIMA, L’histoire du Kimbanguisme,
éd. Kimbanguiste
B.P.7069 KinshasaI, Zaïre,1984, p.18
[3].
Jean 14 :
15-17
[4].
Exode 20 :1-17; Deutéronome 5 : 6-21.
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