QUE JUSTICE SOIT RENDUE!


A l’orée du cinquantenaire de la République Démocratique du CONGO, capitale Kinshasa, une page qui marquera fondamentalement l’histoire s’apprête à être tournée ; page qui remplit notre esprit d’une fébrilité à peine tempérée : celle de la réhabilitation définitivement officielle de Simon KIMBANGU, par, comme nous l’espérons selon le programme établi, le souverain conduisant depuis des années les destinées du royaume de BELGIQUE : Sa Majesté le Roi ALBERT II.
 
Plusieurs siècles distants de notre ère, le KONGO, bien avant qu’il ne soit subdivisé en trois CONGO, n’a formé à l’origine qu’un seul empire, l’empire KONGO. Morcelé, il est devenu le CONGO-Kinshasa, le CONGO-Brazzaville et le CONGO-Angola. Ces trois pays ont été successivement colonisés par les Belges, les Français et les Portugais. Ils ont acquis leur indépendance, dans le processus engagé, au prix de combats infernaux qui leur ont fait perdre par milliers, des fils du peuple.
 
Puis, est arrivé un NOIR, non pas armé d’une artillerie de guerre, en occurrence, fusil, sabre, etc… pour terrasser l’ennemi, mais simplement muni d’une Bible libératrice, en parcourant les contrées. Chemin faisant, son souffle a exhalé un évangile pur qui s’est délicatement infiltré dans l’esprit d’êtres longtemps et savamment brimés. Il s’appelait Simon KIMBANGU.
 
Le KONGO pour lequel il a tant été martyrisé, et pour lequel par l’acceptation de tous les sévices corporels, il a ainsi brisé les chaînes du berceau de l’humanité qu’est l’Afrique. Dans le même processus, il a délesté du poids d’un esclavage millénaire, tout un Continent Noir ! Cependant, de cette époque révolue jusqu’à nos jours, des guerres politiques, ethniques, fratricides, etc… asphyxient encore l’humanité.
 
C’est lorsque le nom de Simon KIMBANGU sera lavé de tout opprobre et qu’il sera clamé à l’unisson, que nous pourrons alors parler de PAIX entre les Nations.
 
De ce cinquantenaire, nous attendons l’ouverture des portes qui laisseront désormais passer l’éclat de lumière du Sauveur KIMBANGU qui répandra bénéfiquement son scintillement sur le monde. Plus jamais, plus jamais, nous ne chanterons cette sinistre complainte de ce poème :


HECATOMBE
 
A feu et à sang,
Le CONGO hurle aux quatre vents
La perte de son identité
Sous les grondements des armes
Qui entonnent la valse de la mort.
 
Le silence lugubre, oppressant
Des quartiers désertés
Défigure la parure de l’environnement,
Capture dans une poigne féroce
Tout reflet de vie.
 
Au cœur d’une froide rage destructrice
Le CONGO baigne
Dans une mare de pleurs et de sang,
Ses fils désarticulés, déchiquetés
Puis reconduits dans ses entrailles.
 
Les legs patrimoniaux de nos pères,
Les fiers édifices bâtis
Dans la sueur du sacrifice
Portent, en un grand témoignage, les stigmates
Qui raconteront à nos enfants notre triste et sordide histoire.
 
Violence, tourmente, épouvante…
Le CONGO, lacéré, plonge
Dans des nuits d’enfer.
Sa liberté enchainée à la haine
Subit les outrages d’une loi démentielle.
 
Pillé, saccagé, incendié
Le devenir de la Nation
Vidée de sa substance
Gît, plaie béante
Dans le fossé de la honte.
 
Dans une cacophonie assourdissante,
Le CONGO tressaille, frémit et gémit
Sous les obus qui tonnent,
Les balles qui crépitent sinistrement.
C’est la marche de la dernière heure.

L’exode, afflux massif et poussif,
Revêtu du manteau de la terreur,
Drapé d’un linceul de cendres
Compte dans ses rangs désordonnés
Les pas chancelants d’une errance sans fin.
 
La flamme ardente des illusions s’amenuise.
Le CONGO agonise sous les rafales meurtrières.
Un vibrant soubresaut secoue son cœur
Et renvoie dans un écho angoissant
Le murmure de sa litanie :
« Ô mon peuple persécuté et martyr ! »



Hélène Gisèle BOUKOU

Journaliste
Presse Kimbanguiste - Paroisse de Rennes
PRESKI - Rennes
17 juin 2010