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LE DERACINEMENT DE L'AFRIQUE
En partant de l'île de GOREE, au SENEGAL
Par H.
Gisèle BOUKOU
Presse Kimbanguiste Paroisse de Rennes
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Une porte de cellule claquait
Des pas traînants décroissaient
Dans des corridors obscurs et
glacés.
Hommes, femmes et enfants
Toutes ethnies confondues,
Mouvements entravés par de
grossières
Chaînes ou par de rugueuses cordes
Irritant et sciant la chair,
Embarquaient à petits pas lents
Sur le vaisseau du déracinement.
Un dernier regard apathique voilé de
lassitude
Duquel s’échappaient les anciens
rêves,
Embrassait en une ultime vision
Les contours de cette terre
d’Afrique
Livrée aux convoitises coloniales.
Vulgaire bétail tassé
Dans des fonds de cale malpropres
Les ilotes ne voyaient guère poindre
le jour.
Toute notion de temps perdue
Le renoncement s’immisçait,
s’imprimait
Dans toutes les alvéoles de l’âme,
L’instinct de survie était obnubilé
Par l’emblème de la déportation.
Le dernier rayon solaire
Sur la coque du navire se mourait.
Les voiles sur les hauts mâts
claquaient
Comme le bruit sec et déchirant
Du fouet qui zébrait la peau des
esclaves.
Propulsés sur les flots de
l’amertume,
Arrachés brutalement à leurs racines
primitives,
Ils devenaient des sans patrie
persécutés
Livrés à une barbarie féroce
Réduits à une extrême abjection
Dans un dédale d’une longue
servitude.
Développée en d’intenses chapitres
sordides
L’histoire de la déportation des
Noirs
Livrait au monde les guenilles
D’un passé intransigeant !
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N.B. : Les
quelques similitudes entre la relégation des kimbanguistes par le mouvement
colonial belge et l’historique déportation des Noirs vers d’autres continents,
laissent pantois et heurtent la sensibilité. Pour la journée commémorative de
l’abolition de l’esclavage, le 10 Mai 2008, notre pensée à leur souvenir,
douloureuse, compatissante s’imprime dans notre cœur. Que cette abolition de
l’esclavage ensevelisse à jamais toutes les haines raciales !
Nos ancêtres, brutalement arrachés à toutes les
terres d’Afrique, peuplèrent bien malgré eux, d’autres Nations !
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