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LES SACREMENTS
DE L'EGLISE KIMBANGUISTE
Par LUZITISA DIAMBU Narcisse
Presse Kimbanguiste Paroisse de Saint-Ouen




Depuis la reconnaissance de l’Eglise kimbanguiste le 24 décembre 1959, celle-ci s’est vite organisée en terme de doctrine, de culte et d’organisation ecclésiale grâce à la détermination de ses chefs spirituels.

En effet, l’Eglise kimbanguiste se reconnaît  par son drapeau constitué d’un coeur rouge avec une croix noire incorporé au centre entouré de deux palmes blanches croisés et des initiales de l’Eglise, le tout sur un tissu de fond vert et de forme  rectangulaire.

Elle se reconnaît aussi par le fait que les kimbanguistes portent au cours de leurs cultes, l’uniforme de l’Eglise, le vert et le blanc, dont la couleur verte symbolise l’espérance en l’avènement du Christ et la couleur blanche signifie la pureté du cœur et la sainteté.

Elle  compte quatre sacrements :
Le baptême du Saint-Esprit administré par l’imposition des mains et s’organise deux fois par an, en juin et en décembre, après que les catéchumènes aient suivi le catéchisme pendant six mois. Ce baptême répond à la recommandation biblique suivante ([1]) : « Allez, faîtes de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit ». En revanche, pour les chrétiens venant des autres confessions religieuses, l’Eglise se limite tout simplement à les accueillir sans pour autant administrer un autre sacrement de baptême, cependant les fidèles venant des églises de réveil reçoivent les baptêmes comme ceux n’ayant pas encore été baptisés. Le baptême est administré lorsqu’on est âgé d’au moins douze ans. L’Eglise n’administre pas de baptême par immersion. La première cérémonie de baptême date du 7 décembre 1949 à N’kamba, sous les auspices de maman Marie Muilu Kiawanga, cérémonie organisée pour baptiser le tout premier kimbanguiste, Sa grandeur Salomon Dialungana Kiangani, deuxième fils de Simon Kimbangu  en présence des officiants suivants:

- Alphonse Kinuaka de Lukengo;
- Pierre Diakanua de Kiana Nsenga;
- Samuel Mukusa de Malanta ;
- Ndongala Nkondo et Lunkotela de Mbanza-Ngungu ;
-David Mfuka et Phillips Nkunku du Congo brazzaville ;
- Jean Mukoko de Masangu.
 
La communion est célébrée trois fois par an, en avril, en juillet et en décembre. Elle se fait par le partage d’un gâteau et d’un breuvage de miel dissous dans l’eau, réservée spécialement aux fidèles en règle, c'est-à-dire ceux qui ne sont pas de sous pénitent. La communion est un moment spécial requerrant la préparation spirituelle pour chaque fidèle qui doit au préalable confesser ses péchés afin de se rapprocher de Dieu. Compte tenu de formalité matérielle exigeant sa préparation, bien de paroisses de l’Eglise ne peuvent pas se permettre d’organiser cette cérémonie. Celle-ci se passe souvent sous la supervision du chef spirituel ou de ses délégués. Ce moment de bonheur se passe sous les airs de la fanfare et/ ou des flûtistes y jouent des cantiques réservés à la circonstance. La première cérémonie de la sainte cène date du 6 avril 1971 à N’kamba.

L’ordination acte par lequel l’Eglise confère à un fidèle la charge d’un ministère. On distingue trois catégories des membres constituants le corps ecclésiastique, il s’agit bien évidemment des diacres et diaconesses, des catéchistes et des pasteurs. Au niveau le plus bas de l’échelle se trouve les concierges. Hormis, les pasteurs qui sont nommés par le chef spirituel, les autres membres du corps ecclésiastique sont désignés par le pasteur responsable de chaque paroisse.  Généralement, lors de la cérémonie de la consécration, les ordinands sont investis lors d’une cérémonie publique. Il sied de noter que ces ecclésiastiques allant du chef spirituel jusqu’au catéchiste, personne ne perçoit un salaire pour tous les services rendus à l’Eglise. Tout le monde est d’abord volontaire. Certains ecclésiastiques sont formés à l’école biblique de N’kamba, d’autres à la faculté théologique à Lutendele. Une autre partie est choisie parmi les fidèles en fonction de leur dévotion au ministère de culte. Notons que lorsqu’un membre du corps ecclésiastique transgresse la loi de l’Eglise, celui-ci ne peut plus réintégrer ses fonctions antérieures.

Le mariage religieux est le moment fondamental unissant les jeunes fiancés au cours d’une cérémonie solennelle où  les futurs époux s’engagent mutuellement devant Dieu et l’assemblée afin de vivre ensemble le reste de leur vie commune pour le meilleur et le pire. Cette bénédiction a lieu que si les fiançailles ont été d’abord officialisées mais aussi si les époux se sont acquittés de certaines formalités coutumières telles que le versement de la dot exigée par certaines familles. Toutefois l’Eglise pour préserver le caractère sacré du mariage convie les jeunes fiancés de ne jamais cohabiter ni d’avoir de rapport sexuel précédant la bénédiction nuptiale, sinon la jeune fiancée sera obligée de dévoiler sa face lors de son entrée dans l’église. Après le moment précieux d’échange de vœux et des alliances, le mariage étant contracté qu’après avoir sollicité l’assistance s’il y aurait quelqu’un qui connaîtrait un motif valable pouvant empêcher le pasteur de bénir l’union, l’engagement pris devient effectif et le mariage devient indissoluble.

Le mariage reconnu par l’Eglise est celui institué dès l’origine par Dieu, c'est-à-dire  entre un homme et une femme uniquement selon le livre de genèse (
[2]) : « c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair ». Ce mariage est donc monogamique et hétérosexuel. De même, une femme vivant maritalement avec un homme, si elle désire bénir son mariage, elle ne doit pas se couvrir la face lors de l’entrée dans l’église.
La dissolution d’un mariage dans l’Eglise est approuvée en cas du décès de l’un de conjoint ou si l’un des époux commet un adultère car la bible souligne : « Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour  infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère ([3]) ». En revanche, il se peut qu’un des conjoints, par un motif quelconque, prétexte de délaisser son compagnon, l’Eglise ne peut en aucun  cas consentir de l’astreindre à marcher droit à sa demande.

Bref, bien que l’on donne  l’eau bénite de N’kamba aux malades mais  cette pratique ne fait pas l’objet de sacrement. La consommation de la viande de porc est interdite pour les kimbanguistes relativement à ce verset : «  Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas : vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts : vous les regarderez comme impurs ([4])». La consommation de boissons alcoolisées est interdite pour les kimbanguistes, par contre l’Eglise autorise ses membres d’offrir modérément de la boisson alcoolisée à leurs visiteurs. L’Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial Simon Kimbangu est une Eglise de paix, d’amour et non violente. Toutes ces valeurs doctrinales font d’elle  une Eglise  à la fois authentique et originale.
 
 
 Paris, le 20 fév. 2008


1.  Matthieu 28 :19
[2]. Genèse 2 : 24
[3]. Matthieu 19 : 9
[4] Lévitique 11 :7-8




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