LA VOIX DE LA SAGESSE

"Une méditation"


Il était une fois, un village dirigé par des vieillards dits, des sages, des doyens. C’était un village paisible où la moitié de la population était jeune.
 
Un jour, les jeunes s’étaient réunis pour se rassemblèrent pour prendre certaines mesures concernant l’avenir du village. Au cours de cette rencontre décisisve, ils se choisisirent un leader qui aussitôt, leur proposa d’exterminer tous les vieillards du village afin qu’ils reprennent le contrôle, avec pour objectif, la gouvernance uniquement gérée par les jeunes, Pour atteindre cet objectif, aucun patriarche ne devait plus être en vie.
 
S’étant concertés lors d’un conciliabule, ils décidèrent de passer à l’acte. Ils décimèrent tous les vieux du village, jusqu’au plus ancien parmi eux. Certains, habités et guidés par une soif de pouvoir les conduisant à un aveuglément de taille, livrèrent même leurs propres parents. Seulement,  parmi tous ces jeunes, l’un d’entre eux fit preuve d’un peu plus de bon sens que les autres. Il prit sur lui d’informer son grand-père du complot qui se tramait au sein de la jeune communauté villageoise. Prévoyant les conséquences tragiques qui allaient fatalement s’ensuivre, il prit la résolution de partir cacher son grand-père loin du village, afin qu’il ne subît pas le même châtiment que les autres.
 
Les années passèrent, les jeunes s’organisèrent comme ils purent. Mais un jour, au cours d’une partie de chasse, leur leader se trouva nez-à-nez avec un énorme serpent qui eût tôt fait d’emprisonner son corps en s’enroulant autour de lui, des pieds à la tête. Dans cette terrible impasse, il n’attendit plus que l’heure de sa mort. Ses compagnons unirent leurs efforts pour le tirer d’affaire et tentèrent en vain, de l’extraire de l’emprise des anneaux meurtriers du serpent qui enserrait le corps de la malheureuse victime. Mais Hélas ! Désemparés, ils ne surent plus quoi faire. Ils eurent beau prier, peine perdue ! Devant cette cruelle impuissance qui leur fit comprendre qu’ils n’étaient pas suffisamment armés pour tous les combats de la vie, leurs pensées se tournèrent alors vers les sages vieillards qui les instruisaient jadis de l’expérience de leur vie, afin qu’ils tirassent profit des conseils prodigués ; les regrets d’avoir abominablement éliminés les garants de la paix du village, les tenaillèrent.
 
Le temps s’écoulant inexorablement, le serpent resserra de plus en plus son étreinte. Celui des jeunes gens qui avait eu la sagesse, ainsi que le refléxe de préserver la vie de son grand-père, se retira pour aller consulter ce dernier dans son cache. Il lui relata les faits et celui-ci, sans hésiter, lui donna la solution en lui recommandant de prendre un sac rempli de fourmis rouges et de le deverser près du serpent.
 
Le jeune homme exécuta les ordres de son grand père, le seul encore en vie, et renversa les fourmis près du serpent. Aussitôt, celles-ci attaquèrent le serpent qui, par leur contact sur sa peau, provoquèrent des chatouillements désagréables qui forcèrent le serpent à desserrer petit à petit sa pression fatale, jusqu’à relâcher totalement le jeune leader inconscient.
 
Eblouis par cet heureux dénouement, les jeunes gens se précipitèrent dans les bras du jeune homme qui s’était montré plus mature qu’eux, et le félicitèrent pour avoir trouver la solution qui avait permis au serpent de libérer sa proie. Puis, d’un commun accord, ils désignèrent tous celui qui s’était démarqué d’eux, comme leur nouvelle tête dirigeante. Celui-ci accepta volontiers les fonctions dont il venait d’être dotés, et leur livra le secret de son succès en révélant que la solution miraculeuse provenait en fait, de son grand-père qu’il avait réussi à éloigner du massacre. Ayant entendu cet aveu, tout confus, ils fondirent en larmes et demandèrent à leur nouveau leader d’aller chercher son grand-père afin qu’ils puissent lui demander pardon pour les méfaits qu’ils avaient commis. Aussitôt dit, aussitôt fait ; le grand-père regagna donc le village et son petit-fils, le nouvellement élu, lui céda son fauteuil de règne.
 
Fin du récit.




Patrick TSIMBA MAVAMBU
Journaliste
Presse Kimbanguiste - France
PRESKI - France
21 juin 2010