LA THEOLOGIE KIMBANGUISTE
La
théologie kimbanguiste
exploite au maximum les avantages de l’existence
d’un groupe de justes
privilégiés autour du Christ. En effet, bien que
le kimbanguiste, en tant que
chrétien, n’ait pas besoin
d ‘intermédiaire pour transmettre ses
doléances
et ses supplications au Christ par la prière, il peut
solliciter le concours
spirituel mettons de saint Paul, de saint Pierre et surtout de Simon
Kimbangu
pour qu’ils appuient sa cause auprès du Christ.
Ceci n’est pas obligatoire,
étant donné que Christ reçoit
directement toute prière. Il n’en demeure pas
moins vrai que les kimbanguistes recourent discrètement
à cette possibilité.
Ceci est comparable à bien des égards
à la situation d’un enfant qui sollicite
le concours, voire la complicité de sa mère en
vue de faire réussir ses
demandes auprès de son propre père. Il
n’y a rien d’anormal et de scandaleux à
cela. A la lumière de ce qui précède,
il ressort clairement que Simon Kimbangu
est celui-là même qui appuie auprès du
Christ nos prières, afin que le Seigneur
puisse y donner suite le plus rapidement possible.
Pour nous kimbanguiste,
c’est
Simon Kimbangu qui, en chrétien exemplaire, nous a conduits
à la découverte du
Christ. C’est lui qui précisément,
à travers son ministère et son action, nous
a donné la preuve vivante et irréfutable de ce
que Christ n’était le rédempteur
exclusif d’aucun peuple, mais plutôt du genre
humain dans son ensemble. Pour la
théologie kimbanguiste, Simon Kimbangu est une sorte de
Simon de Cyrène qui
porta la croix du Christ. Simon Kimbangu est celui qui invite chacun et
chacune
de nous à porter sa propre croix et à marcher
derrière les pas de Jésus-Christ,
sans défaillance. En définitive, la
théologie kimbanguiste rend en permanence
hommage à ces justes qui, dans le temps et dans
l’espace, ont été de dignes
serviteurs de l’Eternel et de son Messie
rédempteur. Ces gens-là
n’appartiennent pas qu’au passé. Ils
vivent et ils activent auprès du Christ et
intercèdent constamment en faveur de
l’humanité. Ils appuient l’action du
Saint-Esprit en ce qu’il intercède pour nous
auprès de l’Eternel et du Christ.
Le
Royaume des cieux
A Pilate qui l’interrogeait, Christ
répondit : « mon royaume
n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de
ce monde mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse
pas
livré aux Juifs ;mais maintenant mon royaume
n’est point d’ici »
(Jean 18 : 36). La
théologie kimbanguiste ne pousse pas le point de vue selon
lequel l’humanité
vivrait déjà dans le Royaume de Dieu, comme
l’affirme certaines théologies
chrétiennes.
Il est vrai que Christ est venu accomplir sa mission de racheter
l’humanité de
ses péchés, de créer des conditions
qui libèrent l’homme de l’emprise de
Satan.
Mais pour la théologie kimbanguiste le Royaume des Cieux est
un Royaume
essentiellement céleste. Seuls ceux et celles qui ont
quitté la chair et revêtu
un corps spirituel, après avoir été
justifiés par le Christ, font partie du
Royaume des Cieux. L’accès à ce Royaume
est sélectif et se fait selon les
critères de grâce, de foi et de mise en pratique
des commandements de
Dieu.
En
d’autres termes, être sauvé
équivaut à accéder à ce
Royaume. Il y aura un temps
où le Royaume des Cieux descendra sur terre,
conformément à la vision de Jean,
mais cela ne se fera qu’à
l’avènement du Christ (Apocalypse 21:2). Le monde
actuel est gangrené et miné par le
péché, la haine, la violence,
l’immoralité,
l’injustice, l’irréligion, la
misère, la mort ; il n’y a rien de tel
dans
le Royaume des Cieux. A ses disciplines Jésus
n’enseignait-il pas qu’à son
avènement
il dira aux justes à sa droite :
« Venez, bénis de mon Père,
recevez
en héritage le Royaume de
Dieu ? » De même, peu avant sa
mort, Jésus
les rassure et leur promet fermement de les recevoir le moment venu
dans son
Royaume.
Sacrements
Les millions de chrétiens et
chrétiennes qui, à travers de vastes
régions du monde, ont reçu l’Evangile
des
missionnaires venus de l’Occident luttent encore
aujourd’hui avec acharnement
pour se libérer des méfaits de
l’arrogance d’un type de théologie que
certains
théologiens du milieu nord-atlantique ont voulu imposer
partout ailleurs. Jusqu’à
la fin de l’ère
coloniale, tout s‘est passé comme si Dieu ne
pouvait
pas se révéler à
l’humanité qu’à travers les
Occidentaux. Ces millions de
personnes ne veulent plus être des chrétiens
à l’image et à la ressemblance de
ces Occidentaux. Une certaine théologie
chrétienne nord-atlantique considère
avec mépris et suspicion, jusqu’à
récemment, tout apport théologique venu
d’ailleurs. Cette théologie a
unilatéralement défini des critères de
« baptême valable » et
de « baptême non
valable » !
Baptême
Sans
doute, la pratique baptismale de l’Eglise
kimbanguiste, le baptême par la prière et
l’imposition des mains, trouve son
fondement dans la Bible. L’Eglise kimbanguiste pratique ce
qu’elle appelle le
baptême par le Saint-Esprit dont parlait Jean-Baptiste, avant
le ministère du
Christ. « Moi (Jean-Baptise) je vous baptise
d’eau, pour vous amenez à la
repentance, mais celui qui vient après moi est plus puissant
que moi et je ne suis
pas digne de porter ses souliers, Lui,
IL VOUS BAPTISERA DU
SAINT-ESPRIT ET DE
FEU» (Matthieu
3:11). « Moi, je vous ai baptisé
d’eau, lui il vous
baptisera du Saint-Esprit » (Marc 1:8).
« Il (Jean-Baptiste) leur dit
à tous : moi je vous baptise
d’eau ; mais il vient celui qui est plus
puissant que moi, il vous baptisera du Saint-Esprit et de
feu » (Luc
3:16). « Je ne le connais pas, mais celui
qui m’a envoyé baptiser
d’eau, celui-là m’a dit : celui
sur qui tu verras l’Esprit descendre et
s’arrêter, c’est lui qui baptise du
Saint-Esprit. Et j’ai vu, et j’ai rendu
témoignage qu’il est le Fils de
Dieu » (Jean 1:33-34).
Celui qui a envoyé
Jean-Baptiste pour baptiser les
païens
n’est autre que l’Eternel. C‘est sous
l’inspiration du Saint-Esprit que
Jean-Baptiste parle. Le Saint-Esprit communique à
Jean-Baptiste que le Fils de
Dieu, le Christ, n’aura pas besoin de lui, de continuer comme
cela se faisait
jusque-là à baptiser par l’eau, car il
baptisera par le Saint-Esprit.
Jean-Baptiste doit donc continuer à pratiquer le
baptême d’eau jusqu‘à ce que
la Christ prenne la relève, en baptisant non plus par
l’eau mais par le
Saint-Esprit.
Dieu
ne
se contredit jamais, ce qu’il avait prédit par,
ses Prophètes, dont
Jean-Baptiste au sujet du Christ ne pouvait que se réaliser,
c’est pourquoi le
Christ n’avait baptisé personne tout au long de
son ministère ici-bas, bien que
ses Apôtres l’aient fait. L’Eglise
kimbanguiste est convaincue que, depuis,
Dieu en Jésus-Christ a crée des conditions
nouvelles au sujet du baptême. Jésus
n’avait pas baptisé d’eau parce
qu’il avait baptisé du Saint-Esprit. En
d’autres termes, pour la théologie kimbanguiste,
Jésus marque à la fois la fin
de l’ancienne pratique du baptême d’eau
et l’avènement de l’ère du
Saint-Esprit. Le fait pour la théologie kimbanguiste
d’être essentiellement Biblique
n’empêche pas l’Eglise kimbanguiste de se
demander aujourd’hui si les
apôtres, en pratiquant le baptême d’eau,
ne se faisaient pas plus royaliste que
le roi, si l’on pense que Jésus
s’était abstenu de baptiser par l’eau.
Quel
enseignement ne convient-il pas de tirer de la conversation du
Centenier
Corneille, et surtout du fait que le Saint-Esprit descend sur des gens
jusque-là non baptisés, au moment où
Pierre s’adresse à eux ? (Actes
10:44-48.) Si Dieu fait descendre son Saint-Esprit sur
quelqu’un, est-il alors
absolument nécessaire de baptiser cette personne par
l’eau ; car rien de
ce que fait Dieu n’est imparfait.
« De
quel baptême avez-vous dont été
baptisés ? Et ils répondirent :
du
baptême de Jean. Alors Paul dit : Jean a
baptisé du baptême de repentance,
disant au peuple de croire en celui qui venait après lui,
c’est-à-dire en
Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au
nom du Seigneur Jésus. Lorsque
Paul LEUR EUT IMPOSE LES MAINS, LE SAINT-ESPRIT VINT SUR EUX, ET ILS
PARLAIENT
EN LANGUES ET PROPHETISAIENT » (Actes 19:3-7).
Expliquant
plus tard devant les chrétiens de Jérusalem la
descente du Saint-Esprit sur les
païens dans la maison du Centenier Corneille, Pierre
dit : « Lorsque je me suis mis
à parler, le Saint-Esprit
descendit sur eux comme sur nous au commencement. Et je me souvins de
cette
parole du Seigneur : Jean a baptisé
d’eau, leur a accordé le même don
qu’à
nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, pouvais-je,
moi, m’opposer au Seigneur ? »
Pierre
est bien sage de se garder de s’opposer au
Seigneur : il se souvient de
même que le Seigneur, de son vivant, avait tout dit sur le
baptême du
Saint-Esprit. Pour la théologie kimbanguiste il
n’était vraiment pas nécessaire
pour les Apôtres de continuer à baptiser par
l’eau bien qui n’y ait aucun mal à
cela. Les Apôtres avaient sans doute pensé que
cela valait la peine. La
théologie kimbanguiste soutien qu’il y est des cas
où les Apôtres n’agissaient
pas toujours sous l’inspiration du Saint-Esprit ; il
existe des cas où ils
avaient agi comme le commun des mortels ; ils
n’étaient après tout que des
hommes que le seigneur avait appelé à son
service.
On
ne
peut pas dire, par exemple, qu’au moment où Paul
et Céphas se querellent
(Galates 2:11-14), ils sont sous l’inspiration du
Saint-Esprit. Il y a encore
un autre exemple : « Barnabas voulait
emmener aussi Jean surnommé
Marc ; mais Paul jugea plus convenable de ne pas prendre avec
eux celui
qui les avait quittés de la Pamphylie et qui ne les avait
point accompagnés
dans leur œuvre. Ce dissentiment fut assez vif pour
être cause qu’ils se
séparèrent l’un de
l’autre… » (Actes15:37-39).
Si
en ce
moment précis l’Esprit avait habité
Paul et Barnabas cette tension qui les
obligea à se séparer l’un de
l’autre ne se serait pas produite. On le voit
Barnabas et Paul se comportent ici comme le commun des mortels. De
même
l’Eglise kimbaguiste, dans laquelle d’illustres
femmes, comme Muilu Marie,
femme de Simon Kimbagu, on joué (et continue de jouer) un
rôle extrêmement
important dans la propagation de la foi en rendant un
témoignage considérable
au Seigneur Jésus-Christ, ne peut pas se conformer aux
recommandations de Paul
lorsqu’il interdit aux femmes de prêchés
dans les assemblées. L’Eglise
kimbaguiste met la femme sur le même pied
d’égalité que l’homme en ce
qui
concerne son rôle et son activité, ne pense pas
que cette recommandation Paul
l’ait reçue
du Saint-Esprit. Après tout,
les exemples des cas où Dieu à eu recoure aux
femmes pour le bien de l’humanité
ne manque pas dans la Bible.
En
dépit
de tout et contre toute apparence, l’Eglise kimbaguiste bien
que ne pratiquant
pas elle-même le baptême d’eau,
reconnaît pleinement la validité de cette forme
de baptême; cela pour des raisons fort simples:
Jésus-Christ lui-même fut
baptisé de cette façon, bien qu’en tant
que Dieu il n’avait vraiment besoin de
l’être. C’est
précisément parce que l’Eglise
kimbanguiste reconnaît totalement
la validité du baptême d’eau,
pratiqué dans bien des Eglises chrétiennes,
qu’elles refusent d’administrer un second
baptême à ceux et
celles qui l’ayant antérieurement reçu
ailleurs, se décident par
la suite à
adhérer à elle.
Dans
l’Eglise kimbanguiste, les enfants ne sont pas
baptisés avant qu’ils atteignent
l’âge de raison ( environ 12 ans). Ils
doivent alors passer par le
catéchuménat avant d’être
baptisés. De cet instant, ils sont autorisés
à
communier.
Il est de coutume pour
les kimbaguistes de présenter leurs
enfants à
l’Eglise, dès que ceux-ci atteignent
l’âge de trois mois, pour qu’ils
soient bénis
par le pasteur à l’exemple
du Christ qui fut bénis par Siméon ( Luc
2:22-38). Bien que ce rite ne soit pas
un sacrement en soi, il n’est pas moins important dans la
mesure où il
constitue une étape notable dans le processus en vue de la
pleine appartenance
à la communauté chrétienne.
La
communion
Il faut retenir que l’Eglise kimbanguiste n’existe
que
depuis 1959, année au cours de laquelle le mouvement du nom,
auquel adhérent
des personnes appartenant à différentes
confessions chrétiennes, se transforme
finalement en Eglise sous la pression des
évènements.
En
1960,
c’est-à-dire dès la création
de l’Eglise kimbanguiste, l’on s’est
heurté à la
difficulté de célébrer la communion.
Des tendances divergentes se font jour,
lorsqu’il est question de savoir comment et avec quels
éléments le sacrement de
la communion doit être
célébré. Les uns et autres veulent
imposer leur
conception.
La commission
spéciale formée en 1960 pour
discuter de la question
doit être dissoute en 1965. La seconde commission
après cinq nouvelles années de
prières et de discussions sous notre direction, formule des
propositions que tous acceptent unanimement. Pour
le sang du Christ, c’est le miel dilué
qu’il
faudra utiliser. Jean-Baptiste s’en nourrissait bien. Quant
au corps du Christ, il faudra utiliser un gâteau
à base de pommes de terre, d’œufs, de
farine de maïs et de bananes vertes.
Après la
prière de
bénédiction,
le miel et le gâteau deviennent effectivement SANG
et CORPS
DU CHRIST. Communier, pour
les kimbanguistes, c’est bien plus que se
souvenir du Christ,
c’est réellement manger et boire le corps et le
sang du Seigneur.
Afin
de souligner le caractère sacro-saint de la communion, le
sacrement ne sera célébré que trois
fois par an, à des dates soigneusement
choisies par l’Eglise en raison de leur
signification :
Le 25 décembre,
à l’occasion de la reconnaissance officielle de
l'Eglise.
Le 12 octobre,
date anniversaire de la mort de Simon
Kimbangu.
Le 06 avril,
date anniversaire du début du ministère
chrétien de Simon Kimbangu et à
l’occasion de la fête de Pâques. (Simon
Kimbangu mourut le 12 octobre 1951 en prison, après trente
ans de détention et
de persécution. Le 06 avril 1921, Simon Kimbangu commence
son ministère de
persécution et de guérison.)
Entre deux
célébrations de la communion,
l’Eglise soumet
tous les membres à une préparation spirituelle
intense : les thèmes des
sermons mettent alors un accent particulier sur ce que cela signifie de
communier avec le Seigneur. Celui ou celle qui a un
différend ou une rancœur
envers son prochain est invité à pardonner. Des
veillées spéciales de prières
ainsi que des retraites sont volontairement organisées en
prévision de
l’événement. Sensibilisés,
bien des gens se décident à confesser librement
leurs péchés, afin qu’au moment de la
communion, le Seigneur soit accueilli
dans une « maison »où
a été fait le maximum d’ordre possible.
La
sanctification n’est pas atteinte, mais tout est fait par
chacun afin de tendre
inlassablement vers elle. Il est évident que si la communion
devait être
célébrée, mettons, chaque dimanche,
l’Eglise ne disposerait pas suffisamment de
temps pour mener à bien son action de sensibilisation et de
préparation
spirituelles de ses membres. L’Eglise kimbanguiste, du fait
de la tolérance
qu’elle manifeste à l’égard
d’autres confessions chrétiennes, se refuse de
porter le moindre jugement sur la manière dont celle-ci
s’y prennent pour
célébrer la sainte cène.
Signification
et
implications du baptême et de la
communion
Le
baptême est le sacrement
qui nous fait appartenir au
peuple du Christ : l’on ne devient
chrétien qu’après avoir
été baptisé.
Par le baptême, nous obtenons la rémission de nos
péchés par la grâce divine en
Jésus-Christ.
Nous
recevons le saint-Esprit par le sacrement du
baptême ; de ce fait nous
devenons un avec le Christ et avec nos semblables qui ont
été baptisés comme
nous par le même Esprit, quelles que soient les
dénominations chrétiennes
auxquelles ils appartiennent. Le baptême impose à
ceux et celles qui l’ont reçu
l’obligation de transcender leurs divisions, leurs
différences de classe ou de
race.
Ils
doivent désormais se sentir solidaires, dans la joie comme
dans la souffrance,
et doivent agir de façon à faire triompher la
justice. Il incombe également aux
baptisés de faire connaître le Christ au reste du
monde et d’annoncer l’arrivée
de son Royaume.
En acceptant le
baptême, l’individu
s’engage à vivre une vie
nouvelle en Jésus-Christ, en luttant
jusqu’à la fin de sa vie contre le
péché,
l’injustice, l’exploitation et
l’oppression à l’égard de ses
semblables. En un
mot, les baptisés doivent manifester au monde
qu’ils appartiennent désormais a
rachetée de l’emprise du
péché.
En
ce qui
concerne l’eucharistie, sa signification première
est que le Seigneur
Jésus-Christ se rend une fois de plus humble en venant
habiter l’être du
communiant ; à la même occasion, il remet
au pécheur ses péchés. C’est
l’un des très rares moments où
l’homme atteint presque la sanctification ;
car à l’instant précis où le
chrétien communie, il s’unit au Christ. Par cette
union, le pécheur, contrit, dont les
péchés sont remis, profite de la
sainteté
du Christ qui est présent.
A
l’occasion du baptême, Christ accorde au
pécheur la rémission de ses
péchés.
Mais par la suite l’homme, qui est loin
d’être saint, se remet à
pécher et
Christ lui accorde une occasion de se purifier, par la confession
d’abord, mais
surtout par la communion.
En
dehors
de ces quelques aspects particuliers, les implications que la sainte
cène
impose au croyant sont en grandes lignes identiques à celles
du baptême.
Cependant, le fait que Christ donne à pousser ce dernier
à abuser de ce
sacrement en le prenant indignement. C’est ainsi que, dans
l’Eglise
kimbanguiste, il est mis un accent particulier sur la
période de préparation
spirituelle qui précède la communion. Par
égard pour le Seigneur qui s’est
sacrifié afin qu’il s’apprête
à recevoir dignement le Christ dans son être tout
entier, corps et âme.
En
dépit
de l’absence de contrainte, c’est en grand nombre
que ceux qui se reprochent
quelque méfait dans leur conscience confessent leurs
péchés, se réconcilient,
pardonnent. « C’est
pourquoi, quiconque mange le pain
ou boit la
coupe du Seigneur indignement aura à répondre du
corps et du sang du Seigneur.
Que chacun donc s’éprouve soi-même et
qu’il mange alors de ce pain et boive de
cette coupe, car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre
condamnation
s’il n’y discerne le corps du
Seigneur » (Bible de Jérusalem, I
Corinthiens 11 : 27-29).
Ordination
L’ordination est le sacrement par lequel l’Eglise
élève
quelques-uns de ses membres, au nom du Christ, à la
dignité de ministres du
Culte, de diacres ou diaconesses.
Dans l’Eglise
kimbanguiste, les ministres du
culte (pasteurs) sont consacrés au nom du Christ par le Chef
spirituel ou par
tout autre pasteur spécialement mandaté par lui.
L’ordination a lieu au cours
d’une cérémonie publique et solennelle.
Le
rite
essentiel est la prière spéciale et
l’imposition des mains. Par cela on demande
à Christ de procéder lui-même
à l’ordination et de guider le ou les nouveaux
pasteurs dans leur ministère afin que ceux-ci prennent
toujours, à tout
instant, des décisions conformes à la
volonté divine par la puissance du
Saint-Esprit. Il va de soi que seule une personne
déjà ordonnée peut procéder
à
l’ordination.
L’on
saisit la portée du sacrement de l’ordination par
le fait que seuls les
pasteurs sont habilités à administrer les
sacrements : baptême, communion,
mariage, ordination. Ils
procèdent aussi à certains rites importants
qui n’ont
pas valeur de sacrement : bénédiction
des enfants et inhumation.
Rôle du
ministre
du culte (pasteur)
Il est à la fois
guide et serviteur de la
communion :
en ce sens c’est le continuateur de la mission que
Jésus confia aux Apôtres.
Par la prière et
l’enseignement de la Parole de
Dieu, il
met la communauté en rapport avec le Seigneur. Il est le
conseiller et
l’animateur spirituel de la communauté. Il
contribue à la solution des
problèmes moraux, spirituels, voire sociaux auxquels sont
confrontés les
individus et la communauté. Il donne les sacrements.
Conditions pour
l’ordination
Dans les premières
années de son existence,
l’Eglise
kimbanguiste a ordonné comme pasteurs des personnes qui
n’avaient pas tous
faits des études poussées en
théologie. De nos jours, deux conditions
essentielles sont exigées de quiconque voudrait exercer les
fonctions de
ministre du culte.
Il
est
requis de l’ordinand qu’il ait fait des
études de théologie. Il doit aussi
posséder une solide expérience
chrétienne et avoir en lui la vocation de servir
le Seigneur et l’Eglise, comme pasteur, diacre ou diaconesse.
Aux ordinands,
l’Eglise fait clairement comprendre qu’ils ne
doivent pas se considérer comme
une élite sociale ou spirituelle ;
l’Esprit, en effet, peut utiliser qui
il veut pour se manifester. C’est à cause de ces
considérations que le pasteur
n’a pas le monopole de l’action
évangélique : c’est une
responsabilité de
chaque membre du « peuple de
Dieu ». Consciente du fait que, malgré
tout, le pasteur n’est qu’un être humain
qui n’est pas à l’abri des faiblesses
et des erreurs, la communauté prie constamment pour lui.
L’ordinand doit être
une personne « capable de vivre dans la
communauté en harmonie avec ses
semblables ». L’ordinand doit remplir les
conditions exigées de tout chrétien
exemplaire. L’ordinand se fait sans paiement de quoi que se
soit. Le chrétien
ne peut être ordonné s’il se trouve en
état de mise sous discipline.
Mariage
Le
sacrement du mariage est celui par lequel l’homme et la
femme sont unis devant Dieu et les hommes par l’Eglise. Cet
important sacrement
fut institué par Dieu lui-même, dès la
création. « Dieu créa
l’homme à son
image, à l’image de Dieu il le créa,
homme et femme il les créa. Dieu les bénit
et leur dit : soyez féconds, multipliez, emplissez
la terre et
soumettez-la… » (Genèse
1:27-28).
La
présence du Christ aux noces de Cana, tout comme
l’enseignement qu’il donne sur
le mariage, témoignent de l’importance de ce
sacrement. Cet enseignement, de
nombreux textes du Nouveau Testament s’en font
l’écho. « Ainsi donc
l’homme quittera son père et sa mère
pour s’attacher à sa femme, et les deux ne
feront qu’une seule chair » (Matthieu
19:5).
Conditions
requises
L’Eglise
kimbanguiste exige un certain nombre de
conditions avant d’administrer ce sacrement. Il faut
d’abord que le fiancé et
la fiancé soient des chrétiens, et
qu’au moment du mariage, ils ne se trouvent
pas sous état de « mise sous
discipline » (la mise en
« état de
discipline » ou de
« pénitence » consiste
en ce qu’un chrétien
ou une chrétienne se voit interdire sa participation
à la communion pour une
certaine période déterminée du fait
d’avoir commis une faute grave).
Généralement, le Conseil paroissial en arrive
à prendre cette décision en cas
de flagrant délit (adultère, fornication,
meurtre, vol, violence), mais aussi
lorsqu’il y a cas de récidive pour les
mêmes fautes à la suite de confessions
répétées et faites devant
témoins ne conduit pas à la mise en
état de
pénitence, pour la simple raison qu’on se garde de
revenir sur les mêmes fautes,
après avoir confessé dans des conditions si
particulières. Si un catéchiste, un
diacre ou un pasteur est mis en état de discipline, il cesse
d’exercer ses
fonctions ecclésiastiques jusqu’à ce
qu’il soit réadmis dans l’Eglise.
Le
sacrement doit être administré par un pasteur et
nécessairement devant la
congrégation. Le mariage secret n’étant
jamais pratiqué dans l’Eglise
kimbanguiste, la congrégation doit être
informée bien à l’avance de la
décision
prise librement par les fiancés de se marier. Le seul
consentement des parents
ne suffit pas.
Dans
la
pratique, le mariage religieux n’est
célébré qu’après
le mariage dit coutumier.
Avant le mariage religieux, les conjoints ne peuvent ni cohabiter ni
avoir des
rapports sexuels.
L’Eglise
kimbanguiste ne reconnaît que le mariage
monogamique, du fait qu’aucun polygame ne peut être
admis en son sein. Les époux sont requis de
s’aimer mutuellement et
de rester unis pour la vie. S’étant
jurés fidélité l’un envers
l ‘autre,
les époux doivent s’abstenir pour la vie
à l’adultère, tentative de meurtre,
d’empoisonnement. Et cela n’intervient
qu’après l’échec de longues
tentatives
de médiation de l’Eglise. En fait,
l’Eglise ne prononce jamais la rupture du
mariage ; elle se borne à constater que telles
personnes ne vivent plus
comme mari et femme. A la mort du conjoint, l’autre
partenaire peut se remarier
religieusement. Le mariage des conjoints appartenant à des
confessions
chrétiennes différentes se pratique dans
l’Eglise Kimbanguiste. Il appartient
alors aux conjoints de vivre les conséquences de leur
décision. L’Eglise offre
son assistance morale et spirituelle en cas de difficultés.
Contre
la polygamie
Toute
union matrimoniale non monogamique avilit et aliène
ceux qui la contractent. La polygamie porte atteinte à la
dignité de la
femme ; elle est source de tensions insupportables et de
difficultés
sociales énormes. Le fait pour Dieu d’avoir
donné à Adam une seule épouse, Eve,
est une indication des intentions divines sur le mariage.
Dieu
n’a
donc ni favorisé, encore moins institué toute
formes de mariage non
polygamique. Il est aussi un fait que, dans toute
société, les polygames ne
constituent q’une poignée de personnes.
Profession
de foi
« Nous croyons en Dieu unique et
trinitaire :
Père, Fils et Saint-Esprit, source de toute vie,
créateur
de l’univers et de
tout ce qui est visible et invisible. Nous affirmons que
Jésus-Christ seul est
Sauveur et Rédempteur du genre humain. Messie et Fils unique
de
Dieu, il a été
fait homme par lui. Descendu des cieux pour notre salut, il a
été pour nous mis
à mort sur la croix puis enseveli ; il est
ressuscité des morts au
troisième jour, en accomplissement des
prophéties. Il est
monté aux cieux,
siège à la droite du Père et
règne pour
l’Eternité dans le Royaume céleste. Il
reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Nous
croyons que
l’Esprit Saint, qui règne avec Dieu et le Christ
et donne
vie. Il procède du
Père et a parlé par les prophètes. Il
demeure avec
nous pour l’Eternité. Nous
croyons en une seule Eglise : universelle et apostolique. Nous
attendons
un seul baptême pour la rémission des
péchés. Nous attendons la résurrection
des morts et la vie éternelle en Jésus-Christ.
Amen. » (La profession de
foi de l’Eglise kimbanguiste s’inspire du symbole
de
Nicée. Le liturgie
kimbanguiste n’exige pas qu’elle soit
régulièrement lue lors des cultes.)
Evangélisation
par et pour tout le peuple de Dieu
Sans pour
autant minimiser le rôle moteur du clergé en ce
qui concerne l’évangélisation, la
théologie
kimbanguiste estime que la foi en
Christ ne peut être la chasse gardée des
ecclésiastiques. Quiconque a reçu la
lumière du Christ a l’obligation de ne pas la
garder pour
lui seul : il
faut qu’il fasse en sorte que ceux et celles qui ne
l’ont
pas encore reçue, la
reçoivent à leur tour.
Les
saintes Ecritures font plus d’une fois mention de la
façon
dont Dieu, dans son
plan de salut, a eu recours à tous utilisés en
vue du
salut de l’humanité.
Partant de cette
constatation, la théologie kimbanguiste
s’élève contre toutes
formes de discrimination à l’égard des
femmes et
des jeunes dans l’exercice des
ministères. Toute personne remplissant les conditions
requises
pour
l’ordination telles
qu’arrêtées par
l’Eglise peut être ordonnée.
C’est ainsi
que l’Eglise compte en son sein un certain nombre de femmes
pasteurs. Les
structures de l’Eglise sont organisées de
façon
à permettre une représentation
convenable des femmes et des jeunes dans les organes de
décision, à tous les
échelons.
Dans l’Eglise
kimbanguiste, les efforts sont faits et les
conditions
sont créées pour permettre aux laïcs de
jouer le
rôle qui leur revient dans la
propagation de l’Evangile.
A cette fin, sont
organisés en permanence des groupe
de prière, des retraites pour et par les membres de la
congrégation, depuis
l’échelon de la paroisse, afin que chacun soit
préparé au mieux à
l’évangélisation.
Tout kimbanguiste digne
de ce nom est ainsi en mesure de faire un
sermon à
n’importe quel moment et devant n’importe quel
sorte
d’audience, sans complexe.
La théologie
kimbanguiste insiste que l’obligation
qu’a le chrétien de vivre
totalement son Evangile. L’Evangélisation ne peut
réellement s’avérer payante
que si et seulement si l’on fait montre soi-même
d’une conduite rigoureusement
chrétienne.
Le chrétien doit
avoir un style de vie exemplaire, qui
témoigne de
son appartenance à la nouvelle race de
l’humanité
que Christ a créée au prix de
son sang précieux et divin. Le chrétien doit
rigoureusement mettre en
application les commandements de Dieu, depuis le moment de son
baptême jusqu’à
la fin de son pèlerinage sur cette terre.
L’expérience de tous les jours montre
qu’il est de nombreux chrétiens et
chrétiennes qui
ne se conduisent pas mieux
que les Sadducéens et les Pharisiens dont Jésus
dénonçait constamment
l’hypocrisie. « Si votre justice ne
surpasse pas celle
des Scribes et des Pharisiens
vous n’entrerez certainement pas dans le Royaume des
Cieux » (Matthieu
5:20).
Quiconque
prêche l’évangile doit être le
premier
à le vivre totalement, en se conduisant
sans hypocrisie, dans le respect rigoureux des commandements de Dieu.
La
théologie kimbanguiste permet pas qu’il y ait
relâchement dans la mise en
pratique des commandements de Dieu, sous prétexte de faire
vivre
l’Eglise en
tenant compte de l’évolution des mœurs
et des
situations concrètes qui
caractérisent l’environnement de la
société
humaine. En effet, en dépit du fait
que Christ et les Apôtres, en particulier
l’Apôtre
Paul, ont clairement défini
les critères moraux du christianisme, il est de plus en plus
courant de se
trouver en face de chrétiens qui estiment que
l’adultère, la fornication, la
convoitise, pour ne citer que cela, ont cessé
d’être
des péchés. Et que le
mariage et la fidélité conjugale ont
cessé
d’avoir de la considération. Avec un
acharnement fanatique, la théologie kimbanguiste se refuse
à faire des
concessions à qui que ce soit en ce qui concerne les
principes
de la morale
chrétienne, tels que Christ même les a
précisés. Pour
une unité
effective « …Père
saint, garde en ton nom ceux que tu m’as
donnés pour qu’ils soient UN comme
nous » (Jean
17:11).
« Après
quoi, voici qu’apparut à mes yeux une foule
immense
impossible à dénombrer, de
toute nation, race, peuple et langue : debout devant le
trône et devant
l’Agneau… » (Apocalypse 7:9). Aussi bien dans la
« prière sacerdotale »
que dans la
révélation de Jean, la
nécessité
de l’unité des chrétiens est
soulignée.
Il serait absurde que les
chrétiens ne
se trouvent unis qu’une fois dans le Royaume des Cieux,
d’autant qu’ils
professent une même foi et qu’ils servent un
même
Seigneur et Rédempteur dont
le sacrifice visait, entre autres, leur
unité.
On sait que notre monde
contient plus de religions
chrétiennes
qu’il n’a
d’Etat et qu’en dépit du rapprochement
entre
chrétiens, leur unité effective
est encore loin d’être une
réalité.
La théologie
kimbanguiste est en faveur d’une
unité effective des chrétiens, reposant sur des
principes
arrêtés en commun
entre partenaires égaux et reposant sur les Saintes
Ecritures.
Par le biais de
la colonisation ont été exportées dans
le
« Tiers-Monde » les
divisions séculaires qui ont marqué des Eglises
chrétiennes d’Europe, et que
celles-ci ont savamment entretenues par des subterfuges divers et
compliqués.