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  LA THEOLOGIE KIMBANGUISTE




   La théologie kimbanguiste exploite au maximum les avantages de l’existence d’un groupe de justes privilégiés autour du Christ. En effet, bien que le kimbanguiste, en tant que chrétien, n’ait pas besoin d ‘intermédiaire pour transmettre ses doléances et ses supplications au Christ par la prière, il peut solliciter le concours spirituel mettons de saint Paul, de saint Pierre et surtout de Simon Kimbangu pour qu’ils appuient sa cause auprès du Christ. Ceci n’est pas obligatoire, étant donné que Christ reçoit directement toute prière. Il n’en demeure pas moins vrai que les kimbanguistes recourent discrètement à cette possibilité. Ceci est comparable à bien des égards à la situation d’un enfant qui sollicite le concours, voire la complicité de sa mère en vue de faire réussir ses demandes auprès de son propre père. Il n’y a rien d’anormal et de scandaleux à cela. A la lumière de ce qui précède, il ressort clairement que Simon Kimbangu est celui-là même qui appuie auprès du Christ nos prières, afin que le Seigneur puisse y donner suite le plus rapidement possible.

Pour nous kimbanguiste, c’est Simon Kimbangu qui, en chrétien exemplaire, nous a conduits à la découverte du Christ. C’est lui qui précisément, à travers son ministère et son action, nous a donné la preuve vivante et irréfutable de ce que Christ n’était le rédempteur exclusif d’aucun peuple, mais plutôt du genre humain dans son ensemble. Pour la théologie kimbanguiste, Simon Kimbangu est une sorte de Simon de Cyrène qui porta la croix du Christ. Simon Kimbangu est celui qui invite chacun et chacune de nous à porter sa propre croix et à marcher derrière les pas de Jésus-Christ, sans défaillance. En définitive, la théologie kimbanguiste rend en permanence hommage à ces justes qui, dans le temps et dans l’espace, ont été de dignes serviteurs de l’Eternel et de son Messie rédempteur. Ces gens-là n’appartiennent pas qu’au passé. Ils vivent et ils activent auprès du Christ et intercèdent constamment en faveur de l’humanité. Ils appuient l’action du Saint-Esprit en ce qu’il intercède pour nous auprès de l’Eternel et du Christ.

Le Royaume des cieux


    A Pilate qui l’interrogeait, Christ répondit : « mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne fusse pas livré aux Juifs ;mais maintenant mon royaume n’est point d’ici » (Jean 18 : 36). La théologie kimbanguiste ne pousse pas le point de vue selon lequel l’humanité vivrait déjà dans le Royaume de Dieu, comme l’affirme certaines théologies chrétiennes. Il est vrai que Christ est venu accomplir sa mission de racheter l’humanité de ses péchés, de créer des conditions qui libèrent l’homme de l’emprise de Satan. Mais pour la théologie kimbanguiste le Royaume des Cieux est un Royaume essentiellement céleste. Seuls ceux et celles qui ont quitté la chair et revêtu un corps spirituel, après avoir été justifiés par le Christ, font partie du Royaume des Cieux. L’accès à ce Royaume est sélectif et se fait selon les critères de grâce, de foi et de mise en pratique des commandements de Dieu. 
 En d’autres termes, être sauvé équivaut à accéder à ce Royaume. Il y aura un temps où le Royaume des Cieux descendra sur terre, conformément à la vision de Jean, mais cela ne se fera qu’à l’avènement du Christ (Apocalypse 21:2). Le monde actuel est gangrené et miné par le péché, la haine, la violence, l’immoralité, l’injustice, l’irréligion, la misère, la mort ; il n’y a rien de tel dans le Royaume des Cieux. A ses disciplines Jésus n’enseignait-il pas qu’à son avènement il dira aux justes à sa droite : « Venez, bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume de Dieu ? » De même, peu avant sa mort, Jésus les rassure et leur promet fermement de les recevoir le moment venu dans son Royaume.

Sacrements

    Les millions de chrétiens et chrétiennes qui, à travers de vastes régions du monde, ont reçu l’Evangile des missionnaires venus de l’Occident luttent encore aujourd’hui avec acharnement pour se libérer des méfaits de l’arrogance d’un type de théologie que certains théologiens du milieu nord-atlantique ont voulu imposer partout ailleurs. Jusqu’à la fin de l’ère coloniale, tout s‘est passé comme si Dieu ne pouvait pas se révéler à l’humanité qu’à travers les Occidentaux. Ces millions de personnes ne veulent plus être des chrétiens à l’image et à la ressemblance de ces Occidentaux. Une certaine théologie chrétienne nord-atlantique considère avec mépris et suspicion, jusqu’à récemment, tout apport théologique venu d’ailleurs. Cette théologie a unilatéralement défini des critères de « baptême valable » et de « baptême non valable » !

Baptême

Sans doute, la pratique baptismale de l’Eglise kimbanguiste, le baptême par la prière et l’imposition des mains, trouve son fondement dans la Bible. L’Eglise kimbanguiste pratique ce qu’elle appelle le baptême par le Saint-Esprit dont parlait Jean-Baptiste, avant le ministère du Christ. « Moi (Jean-Baptise) je vous baptise d’eau, pour vous amenez à la repentance, mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi et je ne suis pas digne de porter ses souliers, Lui, IL VOUS BAPTISERA DU SAINT-ESPRIT ET DE FEU» (Matthieu 3:11). « Moi, je vous ai baptisé d’eau, lui il vous baptisera du Saint-Esprit » (Marc 1:8). « Il (Jean-Baptiste) leur dit à tous : moi je vous baptise d’eau ; mais il vient celui qui est plus puissant que moi, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu » (Luc 3:16). « Je ne le connais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser d’eau, celui-là m’a dit : celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et s’arrêter, c’est lui qui baptise du Saint-Esprit. Et j’ai vu, et j’ai rendu témoignage qu’il est le Fils de Dieu » (Jean 1:33-34).

Celui qui a envoyé Jean-Baptiste pour baptiser les païens n’est autre que l’Eternel. C‘est sous l’inspiration du Saint-Esprit que Jean-Baptiste parle. Le Saint-Esprit communique à Jean-Baptiste que le Fils de Dieu, le Christ, n’aura pas besoin de lui, de continuer comme cela se faisait jusque-là à baptiser par l’eau, car il baptisera par le Saint-Esprit. Jean-Baptiste doit donc continuer à pratiquer le baptême d’eau jusqu‘à ce que la Christ prenne la relève, en baptisant non plus par l’eau mais par le Saint-Esprit.
 
Dieu ne se contredit jamais, ce qu’il avait prédit par, ses Prophètes, dont Jean-Baptiste au sujet du Christ ne pouvait que se réaliser, c’est pourquoi le Christ n’avait baptisé personne tout au long de son ministère ici-bas, bien que ses Apôtres l’aient fait. L’Eglise kimbanguiste est convaincue que, depuis, Dieu en Jésus-Christ a crée des conditions nouvelles au sujet du baptême. Jésus n’avait pas baptisé d’eau parce qu’il avait baptisé du Saint-Esprit. En d’autres termes, pour la théologie kimbanguiste, Jésus marque à la fois la fin de l’ancienne pratique du baptême d’eau et l’avènement de l’ère du Saint-Esprit. Le fait pour la théologie kimbanguiste d’être essentiellement Biblique n’empêche pas l’Eglise kimbanguiste de se demander aujourd’hui si les apôtres, en pratiquant le baptême d’eau, ne se faisaient pas plus royaliste que le roi, si l’on pense que Jésus s’était abstenu de baptiser par l’eau. Quel enseignement ne convient-il pas de tirer de la conversation du Centenier Corneille, et surtout du fait que le Saint-Esprit descend sur des gens jusque-là non baptisés, au moment où Pierre s’adresse à eux ? (Actes 10:44-48.) Si Dieu fait descendre son Saint-Esprit sur quelqu’un, est-il alors absolument nécessaire de baptiser cette personne par l’eau ; car rien de ce que fait Dieu n’est imparfait.

« De quel baptême avez-vous dont été baptisés ? Et ils répondirent : du baptême de Jean. Alors Paul dit : Jean a baptisé du baptême de repentance, disant au peuple de croire en celui qui venait après lui, c’est-à-dire en Jésus. Sur ces paroles, ils furent baptisés au nom du Seigneur Jésus. Lorsque Paul LEUR EUT IMPOSE LES MAINS, LE SAINT-ESPRIT VINT SUR EUX, ET ILS PARLAIENT EN LANGUES ET PROPHETISAIENT » (Actes 19:3-7).

Expliquant plus tard devant les chrétiens de Jérusalem la descente du Saint-Esprit sur les païens dans la maison du Centenier Corneille, Pierre dit : « Lorsque je me suis mis à parler, le Saint-Esprit descendit sur eux comme sur nous au commencement. Et je me souvins de cette parole du Seigneur : Jean a baptisé d’eau, leur a accordé le même don qu’à nous qui avons cru au Seigneur Jésus-Christ, pouvais-je, moi, m’opposer au Seigneur ? »
Pierre est bien sage de se garder de s’opposer au Seigneur : il se souvient de même que le Seigneur, de son vivant, avait tout dit sur le baptême du Saint-Esprit. Pour la théologie kimbanguiste il n’était vraiment pas nécessaire pour les Apôtres de continuer à baptiser par l’eau bien qui n’y ait aucun mal à cela. Les Apôtres avaient sans doute pensé que cela valait la peine. La théologie kimbanguiste soutien qu’il y est des cas où les Apôtres n’agissaient pas toujours sous l’inspiration du Saint-Esprit ; il existe des cas où ils avaient agi comme le commun des mortels ; ils n’étaient après tout que des hommes que le seigneur avait appelé à son service.
On ne peut pas dire, par exemple, qu’au moment où Paul et Céphas se querellent (Galates 2:11-14), ils sont sous l’inspiration du Saint-Esprit. Il y a encore un autre exemple : « Barnabas voulait emmener aussi Jean surnommé Marc ; mais Paul jugea plus convenable de ne pas prendre avec eux celui qui les avait quittés de la Pamphylie et qui ne les avait point accompagnés dans leur œuvre. Ce dissentiment fut assez vif pour être cause qu’ils se séparèrent l’un de l’autre… » (Actes15:37-39).
 
Si en ce moment précis l’Esprit avait habité Paul et Barnabas cette tension qui les obligea à se séparer l’un de l’autre ne se serait pas produite. On le voit Barnabas et Paul se comportent ici comme le commun des mortels. De même l’Eglise kimbaguiste, dans laquelle d’illustres femmes, comme Muilu Marie, femme de Simon Kimbagu, on joué (et continue de jouer) un rôle extrêmement important dans la propagation de la foi en rendant un témoignage considérable au Seigneur Jésus-Christ, ne peut pas se conformer aux recommandations de Paul lorsqu’il interdit aux femmes de prêchés dans les assemblées. L’Eglise kimbaguiste met la femme sur le même pied d’égalité que l’homme en ce qui concerne son rôle et son activité, ne pense pas que cette recommandation Paul l’ait  reçue du Saint-Esprit. Après tout, les exemples des cas où Dieu à eu recoure aux femmes pour le bien de l’humanité ne manque pas dans la Bible.

En dépit de tout et contre toute apparence, l’Eglise kimbaguiste bien que ne pratiquant pas elle-même le baptême d’eau, reconnaît pleinement la validité de cette forme de baptême; cela pour des raisons fort simples: Jésus-Christ lui-même fut baptisé de cette façon, bien qu’en tant que Dieu il n’avait vraiment besoin de l’être. C’est précisément parce que l’Eglise kimbanguiste reconnaît totalement la validité du baptême d’eau, pratiqué dans bien des Eglises chrétiennes, qu’elles refusent d’administrer un second baptême à ceux  et celles qui l’ayant antérieurement reçu ailleurs, se décident  par la suite à adhérer à elle.
           
Dans l’Eglise kimbanguiste, les enfants ne sont pas baptisés avant qu’ils atteignent l’âge de raison ( environ 12 ans). Ils doivent alors passer par le catéchuménat avant d’être baptisés. De cet instant, ils sont autorisés à communier.
Il est de coutume pour les kimbaguistes de présenter leurs enfants à l’Eglise, dès que ceux-ci atteignent l’âge de trois mois, pour qu’ils soient  bénis par le pasteur à l’exemple du Christ qui fut bénis par Siméon ( Luc 2:22-38). Bien que ce rite ne soit pas un sacrement en soi, il n’est pas moins important dans la mesure où il constitue une étape notable dans le processus en vue de la pleine appartenance à la communauté chrétienne.   

La communion

    Il faut retenir que l’Eglise kimbanguiste n’existe que depuis 1959, année au cours de laquelle le mouvement du nom, auquel adhérent des personnes appartenant à différentes confessions chrétiennes, se transforme finalement en Eglise sous la pression des évènements.

En 1960, c’est-à-dire dès la création de l’Eglise kimbanguiste, l’on s’est heurté à la difficulté de célébrer la communion. Des tendances divergentes se font jour, lorsqu’il est question de savoir comment et avec quels éléments le sacrement de la communion doit être célébré. Les uns et autres veulent imposer leur conception.
La commission spéciale formée en 1960 pour discuter de la question doit être dissoute en 1965. La seconde commission après cinq nouvelles années de prières et de discussions sous notre direction, formule des propositions que tous acceptent unanimement. Pour le sang du Christ, c’est le miel dilué qu’il faudra utiliser. Jean-Baptiste s’en nourrissait bien. Quant au corps du Christ, il faudra utiliser un gâteau à base de pommes de terre, d’œufs, de farine de maïs et de bananes vertes.
 
Après la prière de bénédiction, le miel et le gâteau deviennent effectivement SANG et CORPS DU CHRIST. Communier, pour les kimbanguistes, c’est bien plus que se souvenir du Christ, c’est réellement manger et boire le corps et le sang du Seigneur.
Afin de souligner le caractère sacro-saint de la communion, le sacrement ne sera célébré que trois fois par an, à des dates soigneusement choisies par l’Eglise en raison de leur signification :
 
Le 25 décembre, à l’occasion de la reconnaissance officielle de l'Eglise.
Le 12 octobre, date anniversaire de la mort de Simon Kimbangu.
Le 06 avril, date anniversaire du début du ministère chrétien de Simon Kimbangu et à l’occasion de la fête de Pâques. (Simon Kimbangu mourut le 12 octobre 1951 en prison, après trente ans de détention et de persécution. Le 06 avril 1921, Simon Kimbangu commence son ministère de persécution et de guérison.)
 
Entre deux célébrations de la communion, l’Eglise soumet tous les membres à une préparation spirituelle intense : les thèmes des sermons mettent alors un accent particulier sur ce que cela signifie de communier avec le Seigneur. Celui ou celle qui a un différend ou une rancœur envers son prochain est invité à pardonner. Des veillées spéciales de prières ainsi que des retraites sont volontairement organisées en prévision de l’événement. Sensibilisés, bien des gens se décident à confesser librement leurs péchés, afin qu’au moment de la communion, le Seigneur soit accueilli dans une « maison »où a été fait le maximum d’ordre possible. La sanctification n’est pas atteinte, mais tout est fait par chacun afin de tendre inlassablement vers elle. Il est évident que si la communion devait être célébrée, mettons, chaque dimanche, l’Eglise ne disposerait pas suffisamment de temps pour mener à bien son action de sensibilisation et de préparation spirituelles de ses membres. L’Eglise kimbanguiste, du fait de la tolérance qu’elle manifeste à l’égard d’autres confessions chrétiennes, se refuse de porter le moindre jugement sur la manière dont celle-ci s’y prennent pour célébrer la sainte cène.

Signification et implications du baptême et de la communion
 
    Le baptême est le sacrement qui nous fait appartenir au peuple du Christ : l’on ne devient chrétien qu’après avoir été baptisé. Par le baptême, nous obtenons la rémission de nos péchés par la grâce divine en Jésus-Christ.
 
Nous recevons le saint-Esprit par le sacrement du baptême ; de ce fait nous devenons un avec le Christ et avec nos semblables qui ont été baptisés comme nous par le même Esprit, quelles que soient les dénominations chrétiennes auxquelles ils appartiennent. Le baptême impose à ceux et celles qui l’ont reçu l’obligation de transcender leurs divisions, leurs différences de classe ou de race.
 
Ils doivent désormais se sentir solidaires, dans la joie comme dans la souffrance, et doivent agir de façon à faire triompher la justice. Il incombe également aux baptisés de faire connaître le Christ au reste du monde et d’annoncer l’arrivée de son Royaume.

En acceptant le baptême, l’individu s’engage à vivre une vie nouvelle en Jésus-Christ, en luttant jusqu’à la fin de sa vie contre le péché, l’injustice, l’exploitation et l’oppression à l’égard de ses semblables. En un mot, les baptisés doivent manifester au monde qu’ils appartiennent désormais a rachetée de l’emprise du péché.
 
En ce qui concerne l’eucharistie, sa signification première est que le Seigneur Jésus-Christ se rend une fois de plus humble en venant habiter l’être du communiant ; à la même occasion, il remet au pécheur ses péchés. C’est l’un des très rares moments où l’homme atteint presque la sanctification ; car à l’instant précis où le chrétien communie, il s’unit au Christ. Par cette union, le pécheur, contrit, dont les péchés sont remis, profite de la sainteté du Christ qui est présent.

    A l’occasion du baptême, Christ accorde au pécheur la rémission de ses péchés. Mais par la suite l’homme, qui est loin d’être saint, se remet à pécher et Christ lui accorde une occasion de se purifier, par la confession d’abord, mais surtout par la communion.

En dehors de ces quelques aspects particuliers, les implications que la sainte cène impose au croyant sont en grandes lignes identiques à celles du baptême. Cependant, le fait que Christ donne à pousser ce dernier à abuser de ce sacrement en le prenant indignement. C’est ainsi que, dans l’Eglise kimbanguiste, il est mis un accent particulier sur la période de préparation spirituelle qui précède la communion. Par égard pour le Seigneur qui s’est sacrifié afin qu’il s’apprête à recevoir dignement le Christ dans son être tout entier, corps et âme.

En dépit de l’absence de contrainte, c’est en grand nombre que ceux qui se reprochent quelque méfait dans leur conscience confessent leurs péchés, se réconcilient, pardonnent.
« C’est pourquoi, quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s’éprouve soi-même et qu’il mange alors de ce pain et boive de cette coupe, car celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation s’il n’y discerne le corps du Seigneur » (Bible de Jérusalem, I Corinthiens 11 : 27-29).

Ordination

    L’ordination est le sacrement par lequel l’Eglise élève quelques-uns de ses membres, au nom du Christ, à la dignité de ministres du Culte, de diacres ou diaconesses.

Dans l’Eglise kimbanguiste, les ministres du culte (pasteurs) sont consacrés au nom du Christ par le Chef spirituel ou par tout autre pasteur spécialement mandaté par lui. L’ordination a lieu au cours d’une cérémonie publique et solennelle.
 
Le rite essentiel est la prière spéciale et l’imposition des mains. Par cela on demande à Christ de procéder lui-même à l’ordination et de guider le ou les nouveaux pasteurs dans leur ministère afin que ceux-ci prennent toujours, à tout instant, des décisions conformes à la volonté divine par la puissance du Saint-Esprit. Il va de soi que seule une personne déjà ordonnée peut procéder à l’ordination.
L’on saisit la portée du sacrement de l’ordination par le fait que seuls les pasteurs sont habilités à administrer les sacrements : baptême, communion, mariage, ordination. Ils procèdent aussi à certains rites importants qui n’ont pas valeur de sacrement : bénédiction des enfants et inhumation.
 
Rôle du ministre du culte (pasteur)
 
Il est à la fois guide et serviteur de la communion : en ce sens c’est le continuateur de la mission que Jésus confia aux Apôtres.
Par la prière et l’enseignement de la Parole de Dieu, il met la communauté en rapport avec le Seigneur. Il est le conseiller et l’animateur spirituel de la communauté. Il contribue à la solution des problèmes moraux, spirituels, voire sociaux auxquels sont confrontés les individus et la communauté. Il donne les sacrements.
 
Conditions pour l’ordination 
 
Dans les premières années de son existence, l’Eglise kimbanguiste a ordonné comme pasteurs des personnes qui n’avaient pas tous faits des études poussées en théologie. De nos jours, deux conditions essentielles sont exigées de quiconque voudrait exercer les fonctions de ministre du culte.
 
Il est requis de l’ordinand qu’il ait fait des études de théologie. Il doit aussi posséder une solide expérience chrétienne et avoir en lui la vocation de servir le Seigneur et l’Eglise, comme pasteur, diacre ou diaconesse.
Aux ordinands, l’Eglise fait clairement comprendre qu’ils ne doivent pas se considérer comme une élite sociale ou spirituelle ; l’Esprit, en effet, peut utiliser qui il veut pour se manifester. C’est à cause de ces considérations que le pasteur n’a pas le monopole de l’action évangélique : c’est une responsabilité de chaque membre du « peuple de Dieu ». Consciente du fait que, malgré tout, le pasteur n’est qu’un être humain qui n’est pas à l’abri des faiblesses et des erreurs, la communauté prie constamment pour lui. L’ordinand doit être une personne « capable de vivre dans la communauté en harmonie avec ses semblables ». L’ordinand doit remplir les conditions exigées de tout chrétien exemplaire. L’ordinand se fait sans paiement de quoi que se soit. Le chrétien ne peut être ordonné s’il se trouve en état de mise sous discipline.

Mariage

    Le sacrement du mariage est celui par lequel l’homme et la femme sont unis devant Dieu et les hommes par l’Eglise. Cet important sacrement fut institué par Dieu lui-même, dès la création. « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa. Dieu les bénit et leur dit : soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la… » (Genèse 1:27-28).
 
La présence du Christ aux noces de Cana, tout comme l’enseignement qu’il donne sur le mariage, témoignent de l’importance de ce sacrement. Cet enseignement, de nombreux textes du Nouveau Testament s’en font l’écho. « Ainsi donc l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux ne feront qu’une seule chair » (Matthieu 19:5).
 
Conditions requises  
 
    L’Eglise kimbanguiste exige un certain nombre de conditions avant d’administrer ce sacrement. Il faut d’abord que le fiancé et la fiancé soient des chrétiens, et qu’au moment du mariage, ils ne se trouvent pas sous état de « mise sous discipline » (la mise en « état de discipline » ou de « pénitence » consiste en ce qu’un chrétien ou une chrétienne se voit interdire sa participation à la communion pour une certaine période déterminée du fait d’avoir commis une faute grave). Généralement, le Conseil paroissial en arrive à prendre cette décision en cas de flagrant délit (adultère, fornication, meurtre, vol, violence), mais aussi lorsqu’il y a cas de récidive pour les mêmes fautes à la suite de confessions répétées et faites devant témoins ne conduit pas à la mise en état de pénitence, pour la simple raison qu’on se garde de revenir sur les mêmes fautes, après avoir confessé dans des conditions si particulières. Si un catéchiste, un diacre ou un pasteur est mis en état de discipline, il cesse d’exercer ses fonctions ecclésiastiques jusqu’à ce qu’il soit réadmis dans l’Eglise.

Le sacrement doit être administré par un pasteur et nécessairement devant la congrégation. Le mariage secret n’étant jamais pratiqué dans l’Eglise kimbanguiste, la congrégation doit être informée bien à l’avance de la décision prise librement par les fiancés de se marier. Le seul consentement des parents ne suffit pas. 
Dans la pratique, le mariage religieux n’est célébré qu’après le mariage dit coutumier. Avant le mariage religieux, les conjoints ne peuvent ni cohabiter ni avoir des rapports sexuels.

L’Eglise kimbanguiste ne reconnaît que le mariage monogamique, du fait qu’aucun polygame ne peut  être admis en son sein. Les époux sont requis de s’aimer mutuellement et de rester unis pour la vie. S’étant jurés fidélité l’un envers l ‘autre, les époux doivent s’abstenir pour la vie à l’adultère, tentative de meurtre, d’empoisonnement. Et cela n’intervient qu’après l’échec de longues tentatives de médiation de l’Eglise. En fait, l’Eglise ne prononce jamais la rupture du mariage ; elle se borne à constater que telles personnes ne vivent plus comme mari et femme. A la mort du conjoint, l’autre partenaire peut se remarier religieusement. Le mariage des conjoints appartenant à des confessions chrétiennes différentes se pratique dans l’Eglise Kimbanguiste. Il appartient alors aux conjoints de vivre les conséquences de leur décision. L’Eglise offre son assistance morale et spirituelle en cas de difficultés.
 
Contre la polygamie
 
    Toute union matrimoniale non monogamique avilit et aliène ceux qui la contractent. La polygamie porte atteinte à la dignité de la femme ; elle est source de tensions insupportables et de difficultés sociales énormes. Le fait pour Dieu d’avoir donné à Adam une seule épouse, Eve, est une indication des intentions divines sur le mariage.

Dieu n’a donc ni favorisé, encore moins institué toute formes de mariage non polygamique. Il est aussi un fait que, dans toute société, les polygames ne constituent q’une poignée de personnes.

Profession de foi

    « Nous croyons en Dieu unique et trinitaire : Père, Fils et Saint-Esprit, source de toute vie, créateur de l’univers et de tout ce qui est visible et invisible. Nous affirmons que Jésus-Christ seul est Sauveur et Rédempteur du genre humain. Messie et Fils unique de Dieu, il a été fait homme par lui. Descendu des cieux pour notre salut, il a été pour nous mis à mort sur la croix puis enseveli ; il est ressuscité des morts au troisième jour, en accomplissement des prophéties. Il est monté aux cieux, siège à la droite du Père et règne pour l’Eternité dans le Royaume céleste. Il reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Nous croyons que l’Esprit Saint, qui règne avec Dieu et le Christ et donne vie. Il procède du Père et a parlé par les prophètes. Il demeure avec nous pour l’Eternité. Nous croyons en une seule Eglise : universelle et apostolique. Nous attendons un seul baptême pour la rémission des péchés. Nous attendons la résurrection des morts et la vie éternelle en Jésus-Christ. Amen. » (La profession de foi de l’Eglise kimbanguiste s’inspire du symbole de Nicée. Le liturgie kimbanguiste n’exige pas qu’elle soit régulièrement lue lors des cultes.)
 
Evangélisation par et pour tout le peuple de Dieu

    Sans pour autant minimiser le rôle moteur du clergé en ce qui concerne l’évangélisation, la théologie kimbanguiste estime que la foi en Christ ne peut être la chasse gardée des ecclésiastiques. Quiconque a reçu la lumière du Christ a l’obligation de ne pas la garder pour lui seul : il faut qu’il fasse en sorte que ceux et celles qui ne l’ont pas encore reçue, la reçoivent à leur tour.
 
Les saintes Ecritures font plus d’une fois mention de la façon dont Dieu, dans son plan de salut, a eu recours à tous utilisés en vue du salut de l’humanité.
Partant de cette constatation, la théologie kimbanguiste s’élève contre toutes formes de discrimination à l’égard des femmes et des jeunes dans l’exercice des ministères. Toute personne remplissant les conditions requises pour l’ordination telles qu’arrêtées par l’Eglise peut être ordonnée. C’est ainsi que l’Eglise compte en son sein un certain nombre de femmes pasteurs. Les structures de l’Eglise sont organisées de façon à permettre une représentation convenable des femmes et des jeunes dans les organes de décision, à tous les échelons.

Dans l’Eglise kimbanguiste, les efforts sont faits et les conditions sont créées pour permettre aux laïcs de jouer le rôle qui leur revient dans la propagation de l’Evangile.
A cette fin, sont organisés en permanence des groupe de prière, des retraites pour et par les membres de la congrégation, depuis l’échelon de la paroisse, afin que chacun soit préparé au mieux à l’évangélisation.
Tout kimbanguiste digne de ce nom est ainsi en mesure de faire un sermon à n’importe quel moment et devant n’importe quel sorte d’audience, sans complexe.
La théologie kimbanguiste insiste que l’obligation qu’a le chrétien de vivre totalement son Evangile. L’Evangélisation ne peut réellement s’avérer payante que si et seulement si l’on fait montre soi-même d’une conduite rigoureusement chrétienne.

Le chrétien doit avoir un style de vie exemplaire, qui témoigne de son appartenance à la nouvelle race de l’humanité que Christ a créée au prix de son sang précieux et divin. Le chrétien doit rigoureusement mettre en application les commandements de Dieu, depuis le moment de son baptême jusqu’à la fin de son pèlerinage sur cette terre. L’expérience de tous les jours montre qu’il est de nombreux chrétiens et chrétiennes qui ne se conduisent pas mieux que les Sadducéens et les Pharisiens dont Jésus dénonçait constamment l’hypocrisie. « Si votre justice ne surpasse pas celle des Scribes et des Pharisiens vous n’entrerez certainement pas dans le Royaume des Cieux » (Matthieu 5:20).

Quiconque prêche l’évangile doit être le premier à le vivre totalement, en se conduisant sans hypocrisie, dans le respect rigoureux des commandements de Dieu. La théologie kimbanguiste permet pas qu’il y ait relâchement dans la mise en pratique des commandements de Dieu, sous prétexte de faire vivre l’Eglise en tenant compte de l’évolution des mœurs et des situations concrètes qui caractérisent l’environnement de la société humaine. En effet, en dépit du fait que Christ et les Apôtres, en particulier l’Apôtre Paul, ont clairement défini les critères moraux du christianisme, il est de plus en plus courant de se trouver en face de chrétiens qui estiment que l’adultère, la fornication, la convoitise, pour ne citer que cela, ont cessé d’être des péchés. Et que le mariage et la fidélité conjugale ont cessé d’avoir de la considération. Avec un acharnement fanatique, la théologie kimbanguiste se refuse à faire des concessions à qui que ce soit en ce qui concerne les principes de la morale chrétienne, tels que Christ même les a précisés. Pour une unité effective « …Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés pour qu’ils soient UN comme nous » (Jean 17:11).
           
« Après quoi, voici qu’apparut à mes yeux une foule immense impossible à dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue : debout devant le trône et devant l’Agneau… » (Apocalypse 7:9). Aussi bien  dans la « prière sacerdotale » que dans la révélation de Jean, la nécessité de l’unité des chrétiens est soulignée.
Il serait absurde que les chrétiens ne se trouvent unis qu’une fois dans le Royaume des Cieux, d’autant qu’ils professent une même foi et qu’ils servent un  même Seigneur et Rédempteur dont le sacrifice visait, entre autres, leur unité.
On sait que notre monde contient plus de religions chrétiennes qu’il n’a d’Etat et qu’en dépit du rapprochement entre chrétiens, leur unité effective est encore loin d’être une réalité.

La théologie kimbanguiste est en faveur d’une unité effective des chrétiens, reposant sur des principes arrêtés en commun entre partenaires égaux et reposant sur les Saintes Ecritures. Par le biais de la colonisation ont été exportées dans le « Tiers-Monde » les divisions séculaires qui ont marqué des Eglises chrétiennes d’Europe, et que celles-ci ont savamment entretenues par des subterfuges divers et compliqués.












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