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Joseph
DIANGIENDA KUNTIMA : LE REDEMPTEUR
Par
LUZITISA DIAMBU Narcisse
Presse Kimbanguiste, Paroisse de Saint-Ouen
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Le
troisième
fils de Simon Kimbangu avait un seul idéal, celui de
poursuivre l’œuvre de son
père. Simon Kimbangu était un homme qui avait la
maîtrise de la nature et pouvait
prédire l’avenir.
Sachant
que ses bourreaux ne lui laisseront jamais le
temps d’accomplir
l’intégralité de sa mission, alors il a
fallu que celui-ci la
répartisse d’abord entre les membres de sa famille
restreinte, puis entre ses
disciples dévouées pour les seconder. |
En
d’autres termes, Simon Kimbangu disposait d’une
armée céleste des hommes et des femmes dont
l’objectif premier étaient de
fonder une Eglise qui rassemblerait toutes les nations du monde dans
laquelle
les hommes et les femmes doivent être égaux dans
le ministère de Dieu,
mais aussi toutes les races doivent
évoluer en toute égalité
professionnellement.
D’où
son expression : « Les noirs
deviendront des blancs et des blancs deviendront des
noirs ». Même si
cette expression réhabilite en soi la dignité
humaine. Mais l’interprétation
parfois erronée que l’on attache à
cela, pousse certains penseurs à considérer que
Simon Kimbangu est venu au monde que pour libérer
l’homme noir, ce qui n’est pas du tout
admissible car Dieu
n’est pas raciste. De surcroît,
Jésus-Christ avait promis l’envoi du Saint -
Esprit
en ces mots : « Et moi, je
prierai le Père, et il vous donnera
un autre consolateur, afin qu’il demeure
éternellement avec vous.[1]»
Pour
étouffer l’œuvre de Simon Kimbangu, le
colonisateur belge avait jugé de l’enfermer
à vie, ne sachant pas que Simon
Kimbangu était un homme hors du commun capable de coordonner
à tout moment son
ministère en donnant des directives conséquentes
à qui il veut et quand il le
désire grâce à son
omniprésence.
Humainement
parlant,
Simon Kimbangu est le père de Joseph Diangienda, mais
spirituellement,
leur relation s’avère être
très complexe
à expliquer. Par exemple en 1910, étant
âgé de 23 ans, Simon Kimbangu a dit
à ses amis qu’il renaîtra en
1918. Or à cette date, c’était son
fils cadet, Joseph Diangienda qui était
né.
Dans son
enfance, ses frères, Kisolokele comme
Dialungana pouvait aisément aller
embrasser leur père, mais Joseph Diangienda, à
chaque fois qu’il osait le faire
ses bras retombaient sur lui-même.
Pendant
la prison de Simon Kimbangu à Lubumbashi,
soucieux de sa famille, Kimbangu ne cessait de rendre visite
à ses deux
enfants, Charles Kisolokele et Joseph
Diangienda, relégués à la
colonie
scolaire de Boma, tout comme à son épouse, Muilu
Kiawanga Marie et son deuxième
fils, Salomon Paul Dialungana à Ngombe Kinsuka. Egalement
à bien d’autres
disciples détenus dans divers camps de concentration
où ils étaient contraints
à des travaux forcés.
Par exemple,
le 12 août 1939, Simon Kimbangu détenu
en prison
à Lubumbashi à plus de 2500 km de son village
natal avait fixé un rendez-vous
à Joseph Diangienda, élève
studieux à Boma. Ce dernier étant un
élément pivot de son équipe avait
manqué en effet au rendez-vous pour jouer au
football. Il en résultait une double
conséquence : d’une part, il a
marqué
le but de victoire de son équipe, d’autre part, il
s’est fracturé une de ses
jambes et il était conduit au service des urgences
médicales. Dans la nuit son
père lui apparut pour lui expliquer la cause de sa fracture
et le bénit. Du
coup, le lendemain Joseph Diangienda se portait de nouveau à
merveille.
Le
12 octobre 1951, Simon Kimbangu
est décédé en prison,
c’était le 24 octobre 1951 que Joseph
Diangienda apprend la nouvelle du décès
de son père par
le biais de monsieur Peigneux au Katanga.
Aucun membre de sa famille n’avait
assisté
aux funérailles de son père. Le 25 juillet 1952,
il regagnait Léopoldville.
Puis, le 15
novembre 1952, Joseph Diangienda se trouvait chez son beau
père, Kiniuka, sur la rue Maluku
numéro 120 à Kinshasa. Soudain, son
père lui était réapparu pour
lui confier une mission fatale consistant à sauver
son
peuple. Il lui avait même
montré le scénario précis de
la mission. Etant effrayée par
l’épreuve, sur-le-champ,
Joseph Diangienda avait fortement transpiré, puis la chemise
blanche qu’il
avait portée s’était vite recouverte de
sang.
Six
ans après, lors l’Assemblée
générale tenue à
Matadi Mayo le 22 juin 1958 réunissant des adeptes
de Simon Kimbangu pendant la
clandestinité, avait librement choisi à
l’unanimité Joseph Diangienda Kuntima, comme le
représentant légal du mouvement
kimbanguiste, alors qu’il était encore
fonctionnaire dans l’administration coloniale.
Le
29 juillet 1958, étant parti de Kinshasa (ex
Léopoldville) en voiture pour
Tshela en compagnie de Nsomi David, Watula Matthieu,
Félicien Ntende, Nkalanvuila :
son chauffeur, afin de parler avec son
frère Kisolokele de l’avenir de
l’Eglise, en arrivant à Kunda Masangu, sa
voiture fait une grave collision avec un camion
benne.
Soulignons
en passant que pendant
son trajet, à chaque fois que
Diangienda se rappelait de cette
mission fatidique, le moteur de sa voiture
n’arrêtait pas de caler. L’unique
choix qu’il avait, c’était
juste d’obéir
à son père malgré le calvaire imminent
qui le guettait. Phénomène que ses
disciples n’appréhendaient pas du tout.
S’extirpant
de la voiture, blessé et versant de son
sang du fait du choc, pendant que les autres
voyageurs étaient complètement inconscients,
Joseph Diangienda se met à genoux
et prie en se lamentant : «
Père, pourquoi m’as-tu
délaissé ? ».
Du
coup, Simon Kimbangu lui était réapparu
et le bénit. Par la suite,
c’était Joseph Diangienda qui bénit ses
compagnons de voyage. Lieu également où
il a inspiré un cantique en langue. Et puis, il fut conduit
d’urgence à
l’hôpital Kimpese pour lui administrer des soins
intensifs. Lorsque le
télégramme de l’accident
mortel parvient
à Tshela chez son frère, Kisolokele. Ce
message
fragilisera définitivement son
état de santé.
Pourquoi
Simon Kimbangu avait-il
confié une telle mission aux lourdes conséquences
à son fils
cadet ? La réponse est simple. Puisque
les cantiques de l’Eglise constituent l’un ces
canaux de révélations du mystère
divin au sein de l’Eglise kimbanguiste, voici un de cantiques
de la Chorale des
Enfants Kimbanguiste (CHOREKI) qui explique le fondement de cet
accident fatal :
Soprano
« Esengo
lel’oyo elongani :
La joie
vient de s’éclater
Solo Nzambe
alingi biso :
Certes,
Dieu nous aime
Tozalaki
biloko
bizanga tina :
Nous
avons été des êtres
déconsidérés
Lel’oyo
ye
azongeli biso :
Aujourd’hui,
Dieu est revenu parmi nous
Na makila
maye esopanaki ose :
A travers
son
sang qu’il a versé sur la terre
Eye
kolongola
biso na bowumbu bua Satana :
Lequel
vient nous délivrer de la dépendance de
Satan.
Refrain
Tik’ete
tokumisa
ye pe tosanjola molimo santu:
Glorifions
et louons le Saint-Esprit
Na maye
asaleli
biso, po ete tobikisama :
Pour tout
ce qu’il a réalisé pour nous afin que
nous soyons sauvés
Makila maye
nde
lobiko na biso awa ose :
Son sang
est notre rédemption sur la terre
Tozalaki
biloko
bizanga tina :
Nous
avons été des choses inutiles
Lel’oyo
elonga na
biso emonani :
Aujourd’hui,
notre victoire s’affirme ».
Ce cantique
révélateur montre que ce sacrifice
était
donc le prix à payer pour la rédemption de
l’être humain afin de rétablir
l’harmonie entre Dieu et l’homme pécheur
à l’instar de Jésus-Christ, fils de
Dieu, crucifié pour
l’humanité entière.
Kunda
Masangu, lieu de cet accident est devenu dorénavant
l’un des sites historique
de l’Eglise où les pèlerins
se rendent
massivement tout le 29 juillet en
mémoire de cet événement survenu un an
avant la reconnaissance officielle de
l’Eglise de Jésus–Christ sur la terre
par son Envoyé Spécial Simon Kimbangu le
24 décembre 1959.
Pour
ce cinquantaine du rachat
du genre humain par le sacrifice de Joseph Diangienda Kuntima qui a
permis un espoir
de vie éternelle en Dieu, l’heure est
à
la méditation car la bible nous exhorte comme
suit : « Bien-aimés,
aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de
Dieu, et quiconque
aime est né de Dieu, car Dieu est amour. L’amour
de Dieu a été manifesté envers
nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde,
afin que nous
vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons
aimé
Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a
envoyé son Fils comme victime
expiatoire pour nos péchés.
Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous
devons
aussi aimer les uns les autres.[2]»
Puisque « l’amour de
Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses
commandements ne sont pas pénibles [3]».
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