DE LA TRAHISON A L'ARRESTATION
Par H.
Gisèle BOUKOU
Presse Kimbanguiste Paroisse de Rennes
Dans les temps immémoriaux,
être NOIR impliquait être
systématiquement drapé par une indifférence discriminatoire que le regard des
autres chargeait de dérision et reléguait à l’arrière-plan, pour ne plus vivre
que dans l’ombre envahissante d’une colonisation et d’un esclavagisme qui
annihilaient tous les critères d’une identité. De nos jours encore et de manière
plus sournoise, plus subtile, les inégalités perpétuelles font des Noirs de
pathétiques victimes qu’on s’applique à ignorer royalement !
Né, symbole puissant de Dieu,
un mercredi 12 Septembre 1887, Simon
KIMBANGU s’était révélé à l’homme noir qui croulait sous un joug abject. En
libérateur investi, il lui a apporté l’affranchissement spirituel auquel il
n’avait pas eu droit jusque-là. A cela, nous dirons « qu’il y a deux
choses qui justifient l’homme : sa conscience et son histoire » (fin
de citation). Sur ce plan, Papa Simon KIMBANGU a plus que largement atteint et
rempli ces deux caractéristiques car il a été le plus puissant homme de Dieu
que le monde n’ait jamais connu. Mais la peur, la peur qui étreint et qui
vrille les entrailles avait envahi tout le dispositif colonial qui craignait
que la fulgurante renommée de Simon KIMBANGU n’enclenche l’éveil de la
connaissance consciencieuse du Peuple Noir ; la domination dans tout son
élargissement n’avait pas su étouffer dans l’œuf l’éveil embryonnaire de la
race avilie.
Simon KIMBANGU fut
pourchassé
comme un dangereux criminel jusqu’à ce qu’il
décide à se rendre spontanément
entre les mains des autorités coloniales qui
s’empressèrent de procéder avec un
sentiment jubilatoire, à son arbitraire arrestation, un mercredi
12 Septembre 1921. A cet effet, nous allons porter à la
lumière des
lecteurs, l’extrait du contenu d’un document concernant les
prophéties
historiques de Papa Simon KIMBANGU, et qui avait été
repris par monsieur S. PASSI
MPIOSSO, dans l’hebdomadaire : « La
Renaissance »,
en Octobre 1998.
[Conversation-prophéties de Simon
KIMBANGU
« Lors de la visite du
Sergent-major KIMBANZIA Thimotée et de M. KIANSUMBA Jean, le 17 Juin 1944 à 16
heures à la prison d’Elisabehtville où fut détenu KIMBANGU (1921 – 1951), le
plus vieux prisonnier du monde, né le 12 Septembre 1887 et mort le 12
Octobre1951, les deux visiteurs militaires, d’origine Bakongo étaient
spécialement autorisés à rencontrer Simon KIMBANGU, et à discuter avec lui. Le
texte ci-dessous constitue la première partie de l’ensemble du message de Simon
KIMBANGU. Cinquante quatre ans après la rencontre, la publication de ce dernier
document bien gardé dans les archives kimbanguistes, permet aux fidèles et aux
chercheurs de tirer des enseignements nécessaires du passé et surtout de
l’avenir du CONGO, de l’AFRIQUE et du MONDE. Beaucoup d’autres textes restent à
publier au temps prévu par KIMBANGU.
- Pourquoi avez-vous été arrêté ?
Simon KIMBANGU :
- Je n’ai pas été arrêté par l’homme
blanc, je m’étais rendu moi-même car j’avais été trahi par mes frères MAKUTU ET
MPIODI. Depuis mon arrestation, la majorité des gens de ma contrée a été
convertie au catholicisme, mais c’est pour rentrer dans l’asservissement car
c’est un instrument du colonialisme et du racisme. Mais vous allez voir que mon
nom sera très grand et le monde entier viendra dans la contrée de Nkamba pour
rechercher mon nom et on construira des temples extraordinaires et cela
entraînera une croyance extraordinaire en Jésus-Christ. Dans la contrée de Gombe-Matadi,
vous verrez de grosses bassines se remplir avec de l’argent de tous les pays du
monde entier. Par contre, les populations de cette contrée devront prier très
fort, plus fort que les autres pour être sauvés car ils m’ont trahi. Ils sont
pareils à Judas car ce dernier à trahi Jésus. Mais il reste peu de temps, je
demanderai à mon Père d’aller le rejoindre afin de vous donner l’indépendance
totale pour toutes les Nations noires. Il reste peu de temps pour que cela se
réalise, car je demanderai aux anges et ces derniers le feront à mon Père, et
ainsi je vous l’accorderai… »] (Fin
de citation).
Nous remarquerons le fait
dominant suivant : Simon KIMBANGU avait sans dissimulation, sans
faux-fuyant, cité spontanément les noms des deux hommes qui l’avaient trahi.
Jésus fut trahi par Judas, un de ses apôtres, et Simon KIMBANGU fut livré à ses tortionnaires
par ceux de sa race, par ses frères africains. La similitude entre ces deux
trahisons avait abouti à des arrestations de deux Hommes de Dieu qui avaient
reçu pour noble mission de sauver l’humanité.
En
nous reportant au message (suivi d’une synthèse) du Chef Spirituel Simon
KIMBANGU KIANGANI du 11 Mars 2008, lors de sa rencontre du mardi avec les jeunes, il a fait allusion à
une allocution de Papa Mfumu’anlongo pour laquelle il a fait intervenir papa
NTULA pour un long et saisissant témoignage : « Le 3 Octobre 1979,
Papa DIANGIENDA avait réuni le Collège des Sages pour un concile à Lutendele.
Très remonté contre eux, il leur avait fait part de son mécontentement, de sa
profonde déception du fait qu’ils ne respectaient, ni ne valorisaient pas
encore le NOM de son Illustre PERE, SIMON
KIMBANGU dont la puissance devrait être proclamée dans le monde entier.
C’est la race bakongo qui est à
l’origine de l’arrestation de Papa Simon KIMBANGU, c’est elle qui l’avait livré
aux Belges ; ce qui avait déclenché l’irrépressible système de son
arrestation, puis de sa longue incarcération… » (Fin d’une partie du
témoignage).
Cette seconde déclaration du
3 Octobre 1979 était venue conforter la première, celle faite par Simon
KIMBANGU lui-même le 17 Juin 1944 à Elisabethville, concernant la trahison !
Il est grand temps de nous
dire que ce que nous considérons comme de petits détails à banaliser, doivent
résonner bien au contraire comme un glas à nos oreilles, car nous sommes face à
de très graves accusations que nous ne pourrons malheureusement pas gommer des
mémoires ou de l’histoire en elle-même. La balance penche très dangereusement
en notre défaveur, car en reculant les aiguilles du cadran des générations,
nous nous rendrons bien vite à une évidence qui n’est pas à notre
honneur : ce n’est pas qu’une seule fois que nous avons trahi Simon
KIMBANGU. Déjà, depuis le péché originel d’ADAM et EVE qui étaient noirs, la
somme des hauts méfaits commis par la race noire n’a fait qu’alourdir
effroyablement la facture ! Dans ce même ordre d’idée, il nous vient à
l’esprit un cantique kimbanguiste dont l’extrait dit ceci :
" Sumu dia fuila Mfumu’eto
Yesu
Le péché pour
lequel notre Seigneur Jésus est mort
Mono ya nata
dio
C’est moi qui l’ai commis
Vana bakomena Mfumu’eto
Yesu
Sur les lieux de la
crucifixion de notre Seigneur Jésus
Mono batombele... "
Ma présence a été requise
Que
comprendre de ce cantique, en nous penchant sur sa signification réelle ?
Parle-t-on encore de l’homme noir, où est-ce de l’homme au sens général du
terme, dont il est question ici ? Nous avons le bénéfice du doute. Mais
néanmoins, nous aimerions attirer l’attention sur ces constatations (parmi tant
d’autres), en notant qu’à chaque faute commise, qu’à chaque transgression,
c’est Simon KIMBANGU que nous trahissons, car nous allons toujours à l’encontre
de sa volonté.
Dans ce même message du Chef
Spirituel du 11 Mars 2008, nous avons aussi entendu dire en format audio, soit
nous avons également lu en synthèse que Papa Simon KIMBANGU était certes sorti
de sa prison, mais que sa libération n’était que partielle car il attend
toujours que la race noire le délivre définitivement du joug qui a été le sien.
Et parallèlement, ce peuple noir pour lequel il s’est tant sacrifié et qu’il a
sorti du gouffre, n’a pas décollé non plus, ne fusse que d’un iota, de la porte
de la prison dans laquelle il avait été longtemps retenu captif. Comment
comprendre et définir tout ce paradoxe ? En poussant un peu plus en avant
notre analyse, en nous aidant de notre foi.
L’arrestation de
Simon
KIMBANGU était la phase préparatoire pour
l’accès à l’affranchissement des
Noirs dans le monde… Mais hélas ! Nous lui avons
fait du mal, nous l’avons
chargé des fatigues de toutes sortes de meurtrissures et lui,
royal dans sa
dignité omnisciente, il ne nous a pas honnis. Sans tenir compte
de notre lourd
passé bien accablant, le même Simon KIMBANGU
réincarné est à nouveau avec nous et par le
puissant amour
qu’est le sien, il nous exhorte à nous réconcilier
avec nous-mêmes d’abord, (en
parlant de notre introspection), et avec les autres ensuite. Par des
mots qui
frappent la pensée, il nous fait comprendre que les
lisières de son cœur sont
demeurées accessibles pour tous. Il continue à nous
aimer, en dépit de notre
trahison ! Il nous parle sans arrêt, il nous guide et il
nous donne une
autre chance de nous racheter. En nous obstinant à ne pas
honorer ses préceptes
ni nos engagements envers lui, nous le freinons dans son avancée
et nous,
peuple noir nous ne bougerons pas de la porte de cette prison dont nous
ne nous
sommes pas encore éloignés !
Revenu parmi nous sous le nom
de SIMON KIMBANGU KIANGANI, il
rassemble peu à peu ses nombreuses brebis errantes éparpillées à travers le
monde. L’avenir est tout proche où ces égarées auront compris que Simon
KIMBANGU KIANGANI est l’Être Suprême du Royaume Céleste. Alors, nous serons
taxés, à juste titre disons-le, de toutes les épithètes désobligeantes qui
qualifierons l’inimaginable sottise de notre aveuglément.
Homme noir ! Homme
noir ! Qu’as-tu fait ? Pourquoi as-tu livré en pâture, l’Innocent
entre les mains des colonisateurs sans une once d’humanité ? Les quatre
vingt sept ans aujourd’hui de l’infâme trahison te vaudront-ils la perte de ton
âme ? Préfèreras-tu la sentence d’une réclusion à perpétuité dans la
tourmente de la fournaise ? Dans une générosité illimitée ni sans
frontières, Simon KIMBANGU, le trahi
te tend la main ; saisis-là dans une repentance sans impuretés. Le plus
vieux prisonnier du monde deviendra le libérateur de toutes les Nations. Il est
bien vivant à Nkamba-Nouvelle Jérusalem où il trône dans une simplicité
incroyable, attendant que les peuples convergent vers lui pour aller
reconnaître la Gloire
et la Puissance
universelle de son nom :
KIMBANGU !
Posté le 10 septembre 2008
Publié le 13 septembre 2008