|
|
DECLARATIONS
DE J.DIANGIENDA KUNTIMA
Par
LUZITISA DIAMBU Narcisse
Presse Kimbanguiste, Paroisse de Saint-Ouen
Joseph
Diangienda est le fils cadet de Papa Simon Kimbangu et de maman Marie Muilu
Kiawanga. C’est lui qui a dirigé l’Eglise kimbanguiste dès sa reconnaissance
officielle en 1959.
Joseph
Diangienda avait un code de conduite très strict et sa vie toute
entière se
passait dans une piété absolue. Sa journée
commençait habituellement à six heures par un culte
matinal
qui se tenait dans sa résidence de Monkoto n°87 dans la
commune de Ngiri Ngiri,
prière qui réunissait les fidèles les plus proches
de chez lui. A la fin du
culte, les participants recevaient des bénédictions du
chef spirituel mais
aussi le consultaient pour des problèmes divers. Pendant
son exercice, bien qu’assistait par
ses deux frères, il était l’unique chef qui posait
sa main droite sur le front
des ses fidèles pour les inscrire la marque du Christ.
Il passait
toute la journée de dimanche au culte, de neuf heures à dix-huit heures.
Il
assistait aux réunions des ecclésiastes les lundis de neuf heures à quinze
heures, réunions qui permettaient d’homogénéiser les
programmes hebdomadaires sur les activités de l’église.
Il
assistait aussi tous les mardis aux rencontres de la jeunesse kimbanguiste à partir de dix-huit
heures. Il faisait autant pour les réunions des mercredis dédiés aux femmes
kimbanguistes, et jeudi, aux rencontres
du groupe théâtral kimbanguiste, puis
vendredi, pour la chorale des dirigeants.
Il avait de
ce fait une capacité organisatrice extraordinaire. Il aimait diriger la fanfare kimbanguiste et aimait
aussi faire la chasse. Il chantait également les cantiques de l’Eglise dont il
est l’un des inspirés. En 1964 à Lutendele, il a inspiré le cantique suivant :
« Tata
do mbilaku ya mbo okela : Père, ton
appel m’as interpellé,
Ngizidi
kivutula kua ngeye Nzambi ame : Je
me retourne auprès de toi, mon Dieu,
Wumpuluza
do nzambi ame : Sauve-moi, ô mon Dieu
Ngeye mfumu
mu nkenda zaku : Toi, Seigneur par ta grâce
Ngeye wutu
tomesa : C’est toi qui nous rends
heureux.
Refrain
Nzambiame : Mon Dieu
Wumpuluza :
Sauve-moi,
E mfumu : ô
Seigneur
Mpasi
zame : Mes souffrances
Ye ndiokonua : Et mes tourments
E tata,
mpilakanu zamambi : ô père, malgré
l’oubli de péchés
Mfumu do
wundoloka : Seigneur, pardonne-moi
Ya sikila
munsiluaku : Pour que je demeure ferme sur tes promesses
Ngeye mfumu
munkenda zaku : Toi, Seigneur par
ta grâce
Do
wutuvuluza : Sauve-nous ».
Son exercice
à la tête de l’Eglise n’était pas
si facile puisqu’il ne se passait presque pas un seul jour
où Son Eminence
Joseph Diangienda n’était pas insulté,
dénigré, etc. Malgré tous ceux-ci, le
chef spirituel était resté résolu dans sa
mission. Il prônait durant sa vie chrétienne le
respect des dix commandements de Dieu, la culture de la charité
et les bonnes
œuvres. Ce triptyque enseignement
résumait tout son ministère. Depuis le 29 avril 1985, il
recommandait la
lecture intégrale des dix commandements de Dieu au cours de
chaque programme de
culte kimbanguiste.
Face aux
gens qui le traitaient de partisans des sociétés occultes, il ne cessait
de répéter qu’il ne faisait pas partie de sociétés
secrètes. « Ma mission est divine »,
soulignait-il. Dans son message par exemple du 12 janvier 1992, au
centre d’accueil et de conférences de
Kinshasa, il dit :
« …le
journal du hier, je l’ai lu et souvent on me le résume. Mais celui du hier
c’est au travail que j’ai lu ce journal. Le rédacteur du journal, je le
connais. Il est intellectuel, cependant il est complètement vide. Il me compare
à d’autres personnes. Vraiment, il s’est égaré. Ces gens ont d’autres
destinations, moi aussi, j’en ai une autre. Tous ceux qui sont des magiciens,
de franc maçons, des sorciers, de talismaniques, ne peuvent pas m’aimer car je
suis différent d’eux. Ils ont cherché à tout prix à me détruire mais ils n’y
parviennent pas. C’est ainsi que j’ai attiré toute la jalousie du monde. Moi
qui suis un simple citoyen. Tout le temps, lorsque quelque chose ne marche pas,
c’est Diangienda. En fait quand ça
marche, personne ne parle de moi. Ce qui montre que je ne vais pas vous
décevoir. Je me dois de vous conduire dans la terre promise. Tous ces gens vont
rédiger plusieurs articles pour me dénigrer. Quoiqu’il en soit, ils n’iront
nulle part. L’homme noir, même s’il est érudit, je le prendrai au tournant. En
revanche si quelqu’un me qualifie de magicien, ne dites absolument rien du tout
car s’il était intelligent, j’estime qu’il n’oserait pas le dire. Puisque là où
les magiciens et les sorciers se réunissent, si seulement j’y arrive et bien,
le marché doit inopinément s’arrêter. Gardez votre calme mes chers papas et
mamans. Notre victoire est certaine… »
Il réussit
à
organiser les campagnes d’évangélisation et
d’affermissement de foi des fidèles
à grande échelle tant à l’intérieur
de la République démocratique du Congo qu’à
l’extérieur de celle-ci.
Voici un extrait de son entretien du 6 novembre 1990
accordé à la presse de retour de l’Europe :
«Question
du journaliste : Les kinois ont beaucoup fait de commentaire sur votre
absence prolongée du pays, peut-on connaître les raisons de cette
absence ?
Papa
Diangienda :
Mes chers amis, je crois que le kimbanguisme n’est pas
seulement au Congo. C’est vraiment répandu dans le monde
entier. Je peux encore
y rester jusqu’au mois de janvier de l’année
prochaine. Mais j’ai tenu à ce que
je puisse regagner les pays du fait que
j’ai entendu beaucoup de bruits qui se sont propagés
pendant mon absence ici.
Tout a été dit. Je regrette infiniment que l’on
soit arrivé à ce stade-là. Eh
bien la mort ; vous savez nous
sommes des pauvres gens. La santé matérielle, nous en
avons grandement besoin.
J’ai soigné la santé spirituelle. Si vous apprenez
que je suis mort ne
regrettez rien. Pourquoi ? Parce que ça, c’est la
voie à tous. Celui qui
échappera à la mort, je ne le connais pas
puisque Jésus que nous connaissons, est le Fils de Dieu, est
mort. Mon
père était un homme, malgré qu’on ne le
connaît pas, et celui que nous considérons vraiment
comme notre Dieu,
est mort. Alors moi, où est ce que je vais finir. Je suis dans
ma soixante
seizième année, le bon Dieu nous a donné cette
vie, parce qu’il a voulu. Donc
mes chers amis, mon séjour prolongé, c’est pour
prendre contact avec tous ceux
qui sont de nôtre, qui sont à l’étranger.
C’est pour cela, j’ai bien voulu
amener avec moi, nos pasteurs qui dirigent la France, celui de la
Suède,
celui de la Belgique. Je les ai pris
avec moi. Cela ne devrait pas vous étonner si vous devez voir
que je suis resté
longtemps en Europe. Je suis réparti pour me reposer car depuis
douze ans, je
travaille vingt quatre heures sur vingt quatre. Je ne fais
vraiment du mal à personne, je n’injurie jamais
quelqu’un et
j’ai beaucoup aidé. Depuis 1960, j’ai crée
des écoles, malgré que ces écoles
semblent encore être dans des positions qui semblent être
négatives. Mais
j’avais fait mon possible. Comme je le disais, nous n’avons
pas de vache mère.
Heureusement que je suis allé en Europe, j’ai
découvert beaucoup de nos anciens
élèves qui sont devenus de grand docteurs, qui sont
devenus des grandes
personnages. Pour moi, c’est une victoire lorsqu’ils
disent : « Papa,
c’est grâce à vous ». Pour moi,
c’est ma joie d’avoir aidé. J’ai construit
des dispensaires, l’hôpital, vous mêmes vous le voyez
à Kimbanseke. Je pense
que j’ai quand même fait du bien. Mais les gens doivent
jubiler parce qu’ils
apprennent que moi je suis mort. C’est
vraiment triste. Mais pour moi, je suis content. Je suis parti vivant
à
l’étranger et je suis retourné vivant dans mon
pays. Le 22 mars 1918 quand je suis né, on
m’appelait
un ange et à la fin de ma vie quand
j’aurai terminé mon passage ici-bas. Je pense que je
partirai tête haute.
Pourquoi ? Parce que je fais ce qu’il fallait faire pour
plaire à mon Dieu
qui m’a mis au monde. Par conséquent, je
partirai aussi de l’autre côté vivant
c’est-à-dire pour que les gens ne donnent
pas des fausses interprétations. Les gens vont dire
peut-être qu’il ne va pas
mourir. Non, je vais mourir matériellement, mais spirituellement
je vais
rentrer dans cette position spirituelle que j’ai longuement
préparée. Je suis
dans mes soixante treizième années mais tout le temps que
je suis resté en vie,
je me suis démené pour plaire à mon Dieu et cela
ne veut pas dire que je n’ai
pas de péché. Toutefois je me prépare jour et nuit
pour essayer de plaire à mon
Dieu. En effet quand je vais partir, je vais rentrer vivant tel que je
suis
venu vivant ».
Il est sans
ambages que tous les chefs spirituels de l’Eglise kimbanguiste, en commençant
par son fondateur, Simon Kimbangu, son épouse, Marie Muilu Kiawanga, leurs
trois fils ainsi que l’actuel chef spirituel et représentant légal Simon
Kimbangu Kiangani font partie du panthéon kimbanguiste. Puisque grâce à eux
: « le drapeau de l’Eglise de Jésus Christ flotte à N’kamba, la
nouvelle Jérusalem : Bendele ya Nzambe ekopepa, na yeluselemi ya
sika ».
Paris, le 21 mars.
2008
|
|